Suite de l’épisode précédent: Hororo, la tête perdue dans son article, ne se rend pas compte qu’il tape un peu trop et découvre avec stupeur qu’arrivé au cinquième disque, il en a déjà bien assez écrit comme ça et que personne n’acceptera de lire un bidule aussi long. Il décide donc de publier la suite dans un deuxième post, mais publié tout de même le jour pour ne pas que l’on croit que c’est un tire au flanc qui cherche a remplir le planning. Non mais oh, hey ! Hein! Bon… Et puis il y a encore le top des concerts et le top des comics de l’année à écrire. Oui, je n’ai pas encore fini de vous parler de mon année culturel. Bref, voici la suite de l’article.
Deftones – Diamond eyes
Nostalgique? Franchement pas. Deftones est le seul groupe que je dois encore écouter dans le lot des disques qui ont marqués mon adolescence de fan de néo metal. Ceci dit, le genre n’a jamais sied aux cinq de Sacramento qui avaient déjà bien fait comprendre à tout le monde, dès Around the fur, que leurs influences étaient surtout Quicksand et Helmet. Depuis, leur style s’est enrichi d’influences trip hop, bien assimilés grâce à leur Dj, faisant d’eux l’un des rare groupes ayant réussi a rendre utile un tel instrument dans une formation rock (Incubus post S.C.I.E.N.C.E. me vient aussi à l’esprit mais ça doit être à peu près tout). Depuis Saturday night wrist, sorti en 2007, un album avait été enregistré avec leur bassite, Chi Cheng, malheureusement victime d’un accident de la route qui l’a plongé dans un coma dont il se remet lentement. Gardant leur album bien au chaud en attendant le retour de l’un de ses artisan, les quatre Deftones restant, accompagné d’un nouveau bassiste venu de … Quicksand (comme on se retrouve) composent un album fidèle à leur réputation tout en étant très pop. Du condensé du meilleur de leur production avec tout le savoir faire accumulé. Meshuggah + Massive Attack + Depeche Mode + Quicksand = Diamond eyes. Peut-être, ou peut-être pas, l’important c’est que ça marche et que le groupe continue de me subjuguer, autant sur disques que sur scène, par sa musique sensuelle et énergique.
Hooded Menace – Never cross the dead
Après le disque de « black metal » de l’année, le disque de « death metal » de l’année, même si celui ci ne mérite des guillemets seulement parce qu’il y a aussi une bonne part de doom dans la concoction magique de cette menace mystérieuse, caché sous une cape. Malveillante, menacant, grincante, effrayante, je peux vous enchainer des tas d’adverbes qui correspondront à décrire ce groupe que vous ne sauriez pas plus sur la musique. Pour ce qui est de l’ambiance par contre, pensez à la BO d’un épisode, en comics ou en série, des Contes de la Crypte. Musicalement ça pue le marécage, on patauge dans le gros riffs qui colle et dont on ne se défait vraiment jamais. Ils sont tous ordonnés les uns à la suite des autres dans de gros morceaux bien gras et on mord dedans comme Obelix lors d’un banquet. Un festin de souffre et de malice d’origine suédoise sorti sur l’excellent label canadien Profound Lore, avec tout de même toujours la participation de Billy Nocera, patron du label de grind et de death old school, Razorback Records, pour l’écriture des paroles. Finalement, le point commun entre tout ces disques, tout genre confondus, c’est la passion perceptible dans tout les aspects du disques. Bref, pour en revenir à Never cross the dead, c’est une nouvelle preuve que le death metal old school en 2010 est increvable, comme les zombies dont il s’inspire, et n’est pas prêt de tomber en rade de cerveau a manger.
The Last Electro Acoustic Space Jazz & Percussion Ensemble – Miles away
Avant de faire ma liste, j’ai bien prévenu ma rédactrice en chef au sujet de son contenu : Il n’y allait pas y avoir que du rock. « On s’en fiche » m’a t’elle dit, « l’important c’est que ça représente tes gouts ». Or, en 2010, on ne dirait pas comme ça, mais j’ai beaucoup écouté de jazz et de rap. Ces disques ne figurent pas dans ma liste finale simplement car je me suis surtout employés à retracer les racines des deux cultures. L’un des artistes contemporains dont je n’ai toutefois pas perdu la trace, c’est Madlib. Treize albums de paru, en son nom, sous de multiples pseudonymes, ou en collaboration avec différents rappeurs, alors, évidemment, mon top de l’année devait contenir certains de ses albums les plus marquant. Le premier est cet album de jazz fusion aux musiciens non-identifiés, hormis celui de Otis Jackson Jr. aka Madlib, à la batterie. Le secret de la composition n’a pas encore été divulgé et ne le sera peut-être même jamais. Tout ce que je sais, c’est que ma maigre connaissance en jazz fusion c’est vu électrifié dès le premier titre et n’a ensuite plus décroché. Chaque écoute consacré à l’étude des mouvements des instruments tout en se laissant aller à suivre les mélodies et le chemin des baguettes de Madlib sur un kit que je soupçonne d’être programmé. Je pourrais écrire encore longtemps sur ce disque et je ne vous informerais pas pour autant alors je vais vous laissez écouté et vous faire votre propre idée.
Mike Patton – Mondo cane
Plus de deux années d’attente pour la sortie de ce disque, et toujours pas de version DVD à l’horizon! Je me souviens encore d’avoir pu voir sur un site de streaming l’intégralité de ce concert lors de mon stage à HEC, à la mi 2008, et de me l’être passé une seconde fois avec encore plus d’enthousiasme d’entendre la voix de crooner de Mike Patton s’exprimer dans un rôle qui lui sied a merveille, celui de crooner ritale de ses dames! Une bonne quinzaine de chansons de pop italienne des années 70 réinterprétés en concert par un orchestre et un chanteur au centre, adoptant un accent impressionnant de naturel pour un type dont ce n’est pas la langue maternelle, mais surtout pas réarrangés pour en conserver le charme originel. Du lot n’a été gardé pour le disque qu’une dizaine, le rendant du coup plus fluide et plus propice à une écoute fréquente pour y boire une nouvelle gorgée de soleil. Je n’aime pas spécialement l’Italie, et encore moins la pop, et n’entretient une admiration pour Franck Sinatra qu’à par envie d’être capable de chanter avec autant de justesse. Pourtant, Mondo cane, et surtout la personnalité de Patton, dont l’énergie et l’inventivité vocale est toutefois bien apparente ici puisqu’elle est mis au service d’une métamorphose constante pour s’adapter à chaque morceaux, m’aura enchanté de suite. La nostalgie sans la complaisance, la pop sans la facilité, l’Italie sans le soleil de plomb et les mamas envahissantes.
Guilty Simpson – OJ Simpson
Mon année 2010 consacré à la production de Madlib m’amène a revenir sur un disque controversé pour les fans du rapper concernés. Guilty Simpson, auteur d’un classique en devenir, Ode to the ghetto, en partie produit par Madlib, mais aussi le regretté J Dilla (dont j’ai appris a reconnaitre le talent cette année), ou Black Milk, devait offrir une suite logique à ces seize morceaux de rap mature et effronté, et non un album mettant autant en avant le talent de production de Madlib, à défaut du rappeur annoncé sur la couverture. Autant avec Madvillain on savait à quoi s’attendre, moitié Madlib, moitié MF DOOM, ici c’était la surprise et, pour beaucoup, la déception. Enthousiaste au début, un peu moins ensuite, mes retours constant sur l’album ont toutefois fini par me faire comprendre que l’on n’avait rien à faire d’une telle controverse quand la cohésion de l’album est tel que l’on est peut-être bien en face d’un futur classique. Ouais, les années 70, les films de blaxspotation… et puis les meufs, les bons souvenirs avec les potes… on passe en revue la collection de photos dans l’album et on a toute une floppé de bons moments collés de tel manière a retranscrire plusieurs chapitre d’une époque. Pris sous cet angle, et non celui d’une suite à Ode to the ghetto, OJ Simpson est un album d’exception, un de plus dans la carrière de Madlib, où Guilty Simpson, sans nul doute l’un des rappeurs les plus talentueux actuellement, se cogne à un autre format et on ressort avec un album unique, bien plus intéressant qu’une simple suite logique que l’on aurait comparé automatiquement à son prédécesseur prestigieux pour finir par être déçu. OJ Simpson est un album à part et c’est aussi pour cela qu’il ressort facilement du lot pour arriver dans cette liste sans hésitation.
















