Les meilleurs comics de 2010

J’allais écrire une introduction mais finalement a quoi bon. Vous avez les descriptifs, les illustrations, est ce que j’ai vraiment besoin d’en rajouter. J’espère en tout cas que vous trouverez dans cette liste des histoires qui vous intrigueront suffisamment pour les lire. Elles m »ont toutes touchés de différentes manière et j’espère qu’à votre tour vous serez affectés et aurait envie de partager ce que vous aurez ressentis. Alors, comme dit mon libraire, bonne lecture !

The Invincible Iron Man de Matt Fraction et Salvator Larroca (Marvel)
L’arrivée du duo ne date pas de 2010 mais leur présence fait de ce mensuel l’une de mes lectures favorites à chaque livraison. Galvaniser par le charme retrouvé du personnage grâce à son interprétation par Robert Downey Jr., Fraction puise à la fois dans le travail de Jon Favreau (réalisateur des deux films Iron Man) et de Warren Ellis (scénariste d’Extremis, l’une des sources d’inspiration de l’adaptation cinématographique d’Iron Man) pour rendre l’éternel dandy alcoolique toujours aussi charmant et génial et mettre son intellect au service des problèmes de notre temps.

Sweet tooth (DC Comics/Vertigo)
Les hommes meurent, l’apocalypse arrive encore une fois dans un univers de papier et tous doivent réagir. L’espoir réside toutefois dans des enfants qui continuent de naître après que l’espèce humaine ait été presque intégralement décimé. Des enfants avec des traits d’animaux dont tout le monde ignore si ils sont la clés de la survie, ou le signe que la fin est arrivée… Lemire saigne les espoirs de ses personnages comme il creusait avec tant de sensibilité dans l’histoire d’une famille canadienne dans son, désormais classique, Essex County. Les numéros passent et le mystère s’éclaircit et s’épaissit à la fois. Une intrigue comme on en aime lire chez Vertigo et les débuts d’un auteur que l’on oubliera pas de si tôt si il continue en si bon chemin.

Scarlet de Brian Michael Bendis et Alex Maleev (Marvel/Icon)
Avec plusieurs dizaines d’années de retard, Marvel donne enfin du grain à moudre à une ligne adulte confié pour l’instant surtout à des auteurs bien confirmés au sein de la maison mère. Après avoir marqué l’histoire de Daredevil, Alex Maleev et Brian Michael Bendis amène leur bébé sur Icon et commencent à nous raconter une histoire de revanche très classique qui semble toutefois prendre une ampleur bien plus grande grâce à une héroïsme charismatique dont la soif de justice ne s’arrêtera surement pas à la mort de ceux qui ont brisés son idylle. Avec seulement deux numéros de publiés, Scarlet a toutes les marques d’une série emblématique, tout comme l’est Powers, avec ceci en plus qu’elle ne caresse pas dans le sens du poil et que l’on a toujours besoin d’histoire de ce genre.

Joe the Barbarian de Grant Morrison et Sean Gordon Murphy (DC Comics/Vertigo)
Le contrat que Grant Morrison a passé avec DC semble lui convenir totalement puisqu’il ne cesse de redonner de l’intérêt à l’éditeur (Seven Soldiers, Final Crisis, Batman) tout en créant ses propres histoires. Celle-ci nous permet de voir le talent de Sean Gordon Murphy se révéler et de lire une nouvelle variation sur le thème du mélange entre le fantasme et la réalité qui est loin d’être aussi clair que l’on peut le sembler. En cours de publication, deux numéros ont été ajoutés à l’histoire, et pourtant elle n’en avait pas tant besoin que ça, mais je devine que Morrison ai pris tellement de plaisir à se voir illustrer par Murphy qu’il ait préféré allonger le tout et donner encore plus de grain à moudre à son illustrateur. Fantasme de ma part ou réalité, il a en tout cas relevé le défis avec brio.

Demo de Brian Wood et Becky Cloonan (Demo)
Cette nouvelle salve de six histoires marquera surement moins l’histoire que la première de douze publiés chez AIT/Planet LAR il y a quelques années mais elle permet à un duo de prodige de se retrouver dans un spectacle qui leur correspond parfaitement à tout deux. Les efforts et l’imagination nécessaire à la création d’un seul numéro reste toujours aussi saisissant. Une plongée dans la première page suffit à être agripper puis aspirer jusqu’à ce que l’on sente l’étreinte se défaire à la dernière page et regretter de ne plus sentir la poigne chaleureuse de ce « couple » créatif dont j’espère lire encore beaucoup de collaboration comme celle sur quelques numéros de Northlanders. Des trois séries qu’il aura publié cette année chez Vertigo (Northlanders, DMZ), Demo continue d’être sa création la plus touchante.

Daytripper de Fabio Moon et Gabriel Ba (DC Comics/Vertigo)
Un article entier a déjà été consacré au superbe travail des frères jumeaux sur ce premier titre en solo publié chez Vertigo. Quoi dire de plus alors? Peut-être que même si ce titre est de grande qualité, on s’y attendait. Ouais, franchement… pour être déçu par le travail de Fabio Moon et/ou de Gabriel Ba, il faut vraiment être un chieur de première ordre. Regardez The Umbrella Academy (avec Gerard Way), Casanova (avec Matt Fraction) ou leur histoire du BPRD (avec Joshua Dysart), et encore avant leurs histoires courtes réunit dans le volume De-Tales. Avec l’histoire d’un jeune homme dont le destin est retourné à chaque coin de rue, Moon et Ba crée une histoire à la croisé de la biographie fictive et du fantastique, quand le réaliste se croise avec le fantasme et que les rêves de chacun se retrouvent confrontés à un « Et si » tantôt aguicheur, tantôt menaçant. Nan, franchement, ces types sont incapable du médiocre, seulement de l’exceptionnel, et Daytripper l’est.

Strange Tales de Plein De Monde (Marvel)
Super idée de filer les clés de l’appart à des créateurs de tout bord. Des noms venus du net (comme Nicholas Gurewitch de The Perry Bible Fellowship) ou de la presse (Peter Bagge, auteur plus récemment de Everybody is stupid except for me and other astute observation), bref, d’un peu partout pour se coller aux créations maisons et raconter leurs histoires, leurs visions. MODOK, Iron Man, The Watcher,, les origines de Spiderman, tout y passe et on y prend un plaisir fou parce que eux aussi s’amusent et remodèlent tout en quelque cases. Quelque faux pas quand même dans l’ensemble mais pour une anthologie de ce genre il y en a bien peu. Le deuxième volume, en cours de parution, est un peu réjouissant, celui-ci en revanche pourrait rentrer dans la légende tellement sa seule mention me donne envie de m’y replonger.

The Unwritten de Mike Carey et Peter Gross (DC Comics/Vertigo)
Cinquième titre de chez Vertigo et pourtant je jure de ne pas être payé par eux! J’aimerais bien par contre, ça m’éviterait de me ruiner tout en sachant que je manque encore quelque séries valant le détour (Fables, American Vampire, House of mystery). Mais, donc, The Unwritten. Mike Carey raconte et Peter Gross dessine l’histoire d’un jeune homme dont le père, disparu sans laisser de corps et en ne léguant aucun bien, auteur d’une série de roman à succès, se retrouve au prise avec une conspiration où il serait le messie issu des livres de son père et qu’un mystérieux chercherait a contrôler pour manipuler le cours de l’histoire. Je vous en ai trop dit et pas assez alors n’attendez pas que je vous dise la suite pour la lire. The Unwritten n’a rien de l’engagement humanitaire de The Unknown soldier, autre série Vertigo remarquable, ou de la folie grandissante des regrettés Exterminators. Elle mérite cependant sa place ici pour être une série passionnante que j’ai hâte de découvrir.

Afrodisiac de Brian Marucca et Jim Rugg (Adhouse)
Preuve que Vertigo ne récupère pas tout les auteurs talentueux, ces deux là sont encore chez un petit indé et foutent un boxon pas possible en attendant qu’on les remarque. Afrodisiac a le mot « jouïsif » écrit au gros rouge dès les premières pages et le rythme ne s’arrête ensuite jamais. Comme un bon pulp, comme un bon film d’action, drôle, sexy, surprenant, une pluie d’adjectif ne suffirait pas a dire tout le bien que je pense de ce duo, déjà auteur de l’excellent Street Angel. Afrodisiac part du même niveau et pousse même encore un peu plus loin avec un concept de numéros perdus que l’on retrouve compilé dans cette prétendue intégrale de ses aventures. Mon coeur voudrait conclure avec une supplique pour lire plus d’aventures de Street Angel et d’Afrodisiac mais mon cerveau sait que ces deux là continueront plutôt à nous offrir de nouvelles créations plutôt que de s’arrêter à leur précédent succès. En attendant, ce volume vous attends.

Mesmo Delivery de Rafael Grampa (Dark Horse)
A la quatrième page je me suis dit que si Tarantino lisait ça il voudrait l’adapter au cinéma direct. Sauf que voilà, y’a pas besoin des caméras de Quentin pour rendre cette histoire courte bad ass et monstrueusement mortelle. Même pas besoin d’acteurs connus, de petits noms efficace pour faire rentrer la populace. Rafael Grampa a conquis le coeur de pas mal de monde avec quelques illustrations avant même la publication de Mesmo Delivery et sa première livraison est effectivement arrivé droit au but. Introduction rédigé par Brian Azzarello (100 Bullets, Loveless) et cela suffit à vous dire que vous pouvez y mettre des sous. Le dessin est… mon dieu, le dessin est juste dingue. La musculature et les courbes me font penser à Eduardo Risso, l’énergie des planches aux débuts de Frank Miller, les petits ressorts efficaces de l’intrigue et les délires visuels à Paul Pope. Bref, ce type est monstrueusement bon et si son scénario est bien trop court il le prouve tout de même avec brio en très peu de page.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 6 janvier 2011 à 16:14 #

    perso, iron man ça me fatigue et laroca, dans le style synthétique, on fait pas mieux (enfin si y a clayton crain).

  2. 6 janvier 2011 à 17:21 #

    J’ai progressivement détesté Larroca sur son run de X-Men avec Claremont. Ces dernières années il a fait de net progrès avec Ellis et maintenant Fraction. Ses personnages ne posent plus autant, ne sont plus tous aussi flamboyant et vide. Il a acquis un bon sens du dynamisme et maitrise très bien l’univers technologique de iron Man. J’espère franchement que l’équipe créative ne va pas changer tout de suite. Quand à Fraction, j’adore ses scénarios et sa manière d’amener les rebondissement, tout comme le rythme de ses dialogues.

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