« Il faut que je vous raconte une histoire en forme de conte, puisque ma gratte est accordée, je vais vous la chanter »
C’est avec cette facilité des grands groupes aux quinze ans d’existence que Les Ogres de Barback, pleins de facéties et de talents lancent leur deuxième tour de piste à l’Olympia, terminant bientôt une tournée de près de 80 dates. C’est aussi ainsi que pour la 8 ou 9ème fois, je m’apprête à voir débouler pas moins de 2h30 de concert. Non content d’être le spectacle le moins cher de l’année dans l’antre de Bruno Coquatrix, on peut dire que niveau durée et qualité, les Ogres vous en mettent pleins les mirettes.
Comme j’ai pu l’écrire par ailleurs, la tournée « Comment je suis devenue voyageur » va encore plus loin que celle du précédent album. Plutôt qu’un concert, il est plus juste de parler de spectacle, avec un décor époustouflant, peuplé d’oies sauvages et de lettres. Toute l’équipe des Ogres intervient en permanence, montant, démontant, jouant, accompagnant, « sécurisant » la scène en la débarrassant de Fredo. Entre chaque chanson, un brin d’histoire, on poursuit le voyage des Ogres dans une orchestration millimétrée. Peu de place à l’improvisation mais une grande part de fantaisie, de rêve et d’envie, pour ces quatre-là qui continuent à s’aimer !
Par rapport à leur représentation en plein air à Sarrebruck, on peut noter que le spectacle s’est quelque peu adoucit, intégrant des chansons ou des orchestrations plus calmes, posées.
Qu’à cela ne tienne, les grands Jojo, Salut à Toi et autres bootlegs savoureux avec la Mano Negra ou NTM suffisent à donner le punch à un Olympia avide de danser (quoi qu’un peu mou, des aveux mêmes d’une lettre lue par Fredo). La veille avait vu débarquer des invités de marque comme les très récemment repartis en route Zebda, ce soir aura également son lot de surprise. Deux danseurs tout d’abord accompagnent les Ogres sur les Flow Hip-Hop empruntés à Joey Starr et Kool Shen, Akli D vient entonner une magnifique Petite Fleur suivie d’une chanson de son répertoire. Enfin, à plusieurs reprises, on retrouve 2 sax des Têtes Raides et même leur chanteur, l’ensemble des Têtes d’Ogres reprenant la chanson Cosette.
Encore une belle soirée proposée par les Ogres de Barback, qui avait bien débutée par la compagnie Lux Interior. Les joyeux personnages, trois sacrés hurluberlus, ont mélangé musique et facéties, proposant un spectacle visuel et sonore loufoque, drôle et décalé, mêlé des appréhensions et erreurs des débutants avec l’assurance de rock star des plus grands. Une belle mise en bouche pour une soirée de talents !
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