Dernier journée rime avec fatigué, de quoi expliquer le petit nombre de groupe vu durant cette journée. Pas de raison de se lever trop tôt pour voir des groupes dont je ne sais déjà qu’il ne m’intéresse pas des masses, je prend le temps de me lever pour aller voir vers 12H ce que donne les légendaires Absu. Il y a une bonne dizaine d’année, j’avais acheté dans un bac d’occase The Third Storm of Cytraul pour finalement revenir l’y déposer au magasin dans la semaine. Production étrange, voix désagréable, musique sans accroche, je n’y trouvais pas ce qui me plaisait alors dans le black metal (Darkthrone ou Emperor).
Aujourd’hui, le trio texan propose toujours la même musique mais mes oreilles sont désormais prêtes à prêter la bonne à leur originalité. Le batteur / chanteur, Prosprictor McGovern, est en soit un numéro incroyable. Il grogne avec sa voix nasillarde tout en frappant son kit de toute part, annonce les noms des chansons comme l’on annonce des pièces de musique joué par un orchestre et parle de son groupe à la troisième personne. Enfin, quand, avant le dernier morceau, il se lève de son siège pour faire face au public, il introduit son élocution par un cri suraigu très étrange… Étrange mais tout à fait normal quand on joue une musique aussi extrême et pourtant rempli d’originalité. Le bassiste grogne aussi devant son micro et c’est à se demander comment, tout comme son leader batteur, il réussit à trouver le souffle et l’attention pour gueuler sans louper une note. Quand au guitariste, ses yeux sont perdus entre ses longs cheveux et le manche de sa guitare qu’il parcourt avec toute l’intensité d’un homme possédé. Un groupe et un concert unique qui me fera surement revenir prochainement vers tout disque de Absu susceptible de me passer entre les mains.
Seventh Void (des potes à Billy Grazadiei, guitariste/chanteur de Biohazard, en intérim dans Blood for Blood, apprendra t’ont plus tard) joue et je les ignore pour tailler le bout de gras et apprendre que Dagoba jouera finalement en clôture du festival à cause de problème d’avion. En attendant un documentaire est diffusé sur l’écran géant entre les deux scènes pour faire patienter pendant que le groupe suivant, Draconian, se prépare. Pendant ce temps, on s’interroge un peu sur le fléau qui semble maudire le groupe marseillais, incapable de se rendre à ce festival sans avoir des emmerdes. En 2009 c’était un accident qui les avait empêché de venir, maintenant ils ont un problème d’avion qui les retarde. Dieu ne voulait peut-être pas que Dagoba joue au Brutal Assault? Et en cela, il avait bien raison, pour une fois.
Bref, maintenant c’est le tour de Kvelertak de faire sonner son black metal de l’été à la faveur du soleil tchèque et de me rappeler à quel point je peux aimer ce mélange un peu improbable d’efficacité entre du punk rock et des riffs black metal. Les norvégiens sont maintenant bien plus aguerris que lors de leur passage avec Converge sur Paris et enchaine les titres de leur album éponyme sans perdre de temps sur leur maigre temps de set d’une demi-heure. Pendant ce temps, je découvre sur le dos d’un tee-shirt porté par un groupe de sud américain un festival bien intéressant et je me maudit un peu de l’avoir loupé. Le son est, comme d’habitude pour ce festival, au rendez-vous pour servir une performance qui me met en appétit pour leur prochain passage en tête d’affiche à Paris avec Trap Them et Toxic Holocaust.
C’est maintenant le temps de la grosse pause pour ne revenir qu’aux premières notes de Blood for Blood et leur hardcore white trash interprété par un line up unique où l’on retrouve le fameux Billy Grazadiei de Biohazard, tout aussi en voix et en énergie que lors du passage des New Yorkais au même Brutal Assault il y a deux ans. Les titres invitent au sing along et a pousser son voisin, de quoi brandir une canette de bière dans la joie. Bonne ambiance et majeur levé contre la société. On ne va pas chercher trop loin dans les texte mais ça fonctionne et c’est le principal. Pas mon genre préféré mais j’aurais apprécié.
Vader joue ensuite mais je découvre très vite qu’ils sont chiant à mourir. Quand à Turisas, merci bien, mais je prendrais mon metal sans accordéon. C’est donc pour Cryptopsy que je me remet en position pour écouter attentivement. Les canadiens figurent parmi les premiers groupes de metal extrême que j’ai écouté il y a plus d’une dizaine d’année mais depuis leur musique était parti dans une quête d’identité, et de succès commercial, que je n’avais pas apprécié. Pourtant, on m’avait informé de la qualité de leur performance, ainsi que des bonnes capacités du nouveau chanteur (le quatrième dans l’histoire du groupe). De plus, l’un des guitariste des origines était récemment revenu au sein du groupe, de quoi reprendre confiance. Et de la confiance, j’en ai repris, et par grande goulée en plus ! Le set démarre sur Slit your guts et mes cheveux ne peuvent plus se contrôler, pareille pour le morceau suivant. Pas de temps mort, on enchaine avec We bleed (MON DIEU, ce morceau !) et Cold hate, warm blood et je suis aux anges. Le groupe semble être possédé par une détermination surnaturelle a prouver de nouveau sa valeur à leur fan et c’est réussit ! Le nouveau chanteur a une voix de PORC (dans le meilleur sens du terme) et son enthousiasme fait de moi un converti à sa place permanente dans le groupe. J’ai depuis appris qu’un EP et un nouvel album était en préparation et je ne peux pas taire mon impatience d’entendre le résultat : Cryptopsy est de retour ! Peut-être bien la meilleure nouvelle de tout ce festival !
En comparaison, As I Lay Dying est une bien piètre compétition mais il faut reconnaître au groupe américain de l’énergie et de l’efficacité. La première moitié du concert passe donc sans problème en hochant doucement la tête et en souriant. Mais, assez rapidement, les défauts apparaissent et il faut se rendre à l’évidence : ce groupe, même dans son genre, c’est à dire le metalcore, n’est pas bien intéressant. Même en faisant fi des structures identiques (couplet/refrain/couplet avec toujours du chant clair mélodique interprété par le guitariste de droite), leur batteur n’est pas très efficace au niveau des jambes et compense avec un trigg regrettable. Bien que charismatique, le chanteur growl avec une voix monocorde et identique à des dizaines d’autres dans le genre. Quand aux aux mélodies, elles ne brillent pas par leur originalité contrairement à celle de Soilwork dans un genre assez similaire. En fait, si on fusionnait les riffs metal de As I Lay Dying et les mélodies vocales du chanteur de Soilwork, on obtiendrait un groupe plutôt bon dans le genre.
Pas d’Anathema pour moi ensuite, par manque d’intérêt pour une musique aussi douce en fin de soirée (de loin le groupe avait tout de même l’air très bon) et je reviens pour Sepultura. Les bréziliens, bien qu’amputés des deux Cavalera (parti fondé Cavalera Conspiracy histoire de faire chier le monde), continuent de jouer des anciens et des nouveaux titres bien plus convaincant que ceux de Soulfly sans recevoir l’attention médiatique qu’il mérite. Pourtant, ici, ils sont accueillis comme des demi-dieux et une foule épaisse se presse devant la scène pour applaudir la tête d’affiche du jour. Le set comporte beaucoup de classique, mais aussi des nouveautés comme une sympathique reprise de Just one fix de Ministry et un Kairos monstrueux. La conclusion habituel sur Ratamahata et Roots allume la mèche dans le public et fait retenir un refrain massif de la bouche de tout les spectateurs attentifs. Un bien beau finale pour un groupe dont la valeur scénique ne saurait être démenti, surtout avec de tels musiciens.
Ma journée prends fin avec la dernière raison de mon voyage, Triptykon. Oui, je sais, ils étaient au Hellfest, mais je ne vais pas dépenser un max de pognon pour voir trois groupes (Meshuggah, Clutch et celui-ci) alors que je peux passer trois jours super pour beaucoup moins cher avec des polonais et des tchèques bourrés! Alors que la nuit tombe, le concert de Triptykon commence le son est juste parfait. Tellement parfait que je regarde attentivement le matériel et que je m’interroge sur l’obtention d’une telle texture noire avec un ampli et une tête Marshall qui ont l’air tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Le concert commence avec une reprise de Celtic Frost, le groupe précédent de Tom G. Warrior (influence majeur d’un bon paquet de groupe de metal depuis une quinzaine d’année) puis vient un titre de Triptykon, un autre de Celtic Frost, et enfin deux morceaux de Triptykon puis départ de la scène et… HEIN?! Le temps de jeu a été respecté et il n’y a pas eu d’embrouille. Le son était parfait, la performance au poil et les titres excellents, mais pourquoi ne pas virer ces deux morceaux de Celtic Frost et ne pas en faire plus de son nouveau groupe? Je comprends bien qu’une nouvelle formation doivent aussi contenter les fans de la première heure, mais en l’occurrence, ces nouvelles versions de titres classiques de Celtic Frost sont tellement inférieurs aux nouveaux de Triptykon que j’en veux un peu à Tom G. Warrior de limiter autant son stock de nouveau morceau. Le groupe a déjà des fans, et pas mal de curieux étaient encore présent à cette heure tardive, mais la probabilité de le voir en tête d’affiche est encore légère, tout comme celle de le voir avec un set différent (d’après les dire d’ami l’ayant déjà vu, le concert est tout le temps même sur cette tournée). Je repars donc avec la satisfaction d’avoir enfin pu voir le nouveau projet de Tom G. Warrior sur scène et de pénétrer un peu plus l’univers sonore de ce joyau noir qu’est le nouveau et premier album de Triptykon mais un peu frustré aussi d’en avoir entendu aussi peu.
Les portes du Brutal Assault se referment derrière moi alors que je marche vers mon campement pour ma dernière nuit en République Tchèque, pour cette année, avec l’assurance d’y revenir faire un tour en 2010. Déjà trois groupes sont annoncés : Textures, Moonspell, Virus. Trois noms qui ne m’enthousiasment pas tant que ça mais me font déjà attendre avec impatience la suite et le retour dans la forteresse de Josefov.

















