[Live report] DANGERS DANGERS DANGERS DANGERS DANGERS au Café de Paris

A décider entre le concert de Secret Chief 3 au Glazart et celui de Dangers au Café de Paris, le choix n’était pas très difficile puisque j’ai déjà eu la chance de voir deux fois les chefs secrets, tandis que le groupe auteur de l’un de mes albums favoris de 2010 faisait là sa première date à Paris. En ouverture de ce moment tant attendu, deux groupes très standard du genre emo metalcore avec une voix dégueulasse (et des phrases nanardes entre les morceaux comme « allez, faites le salut dans star trek » ou « ça va devenir ghetto ») et du rockin’hardcore pas entrainant pour un poil (bravo quand même au chanteur pour assurer sa voix claire entre les passages criés). Fort heureusement, Dangers tourne avec un autre petit phénomène que mes oreilles n’avaient jamais rencontré et que mes yeux ne vont pas oublier de sitôt.

Les Goodtime Boys, avec un nom un peu crétin, font en fait une sorte de screamo à mode Touché Amoré avec comme originalité des parties post rock un peu plus développées que les courtes explosions d’une minute trente que sont la plupart des titres de leurs confrères américains. Ces britanniques ne chôment pas non plus quand il s’agit de se produire devant un public, et malgré la chaleur étouffante proverbiale de la salle, la sueur qui s’écoulait sur tout le corps du chanteur ne s’était pas juste produite en restant assis à ne rien faire. Il glisse, il saute sur le public, il chante et il se transforme en homme de sueur à la mesure que le set avance, mais il ne faiblit pas et assure, tout comme les deux guitaristes et la section rythmique, tous parfaitement en place. Plus que l’originalité de leur musique, c’est la cohésion et l’interaction des instruments qui m’a fait repartir avec leur album, qu’il me tarde d’écouter, avec en tête la perspective de les voir prochainement de retour en Europe en tournée avec le groupe de screamo Ravachol (très joli packaging pour ces derniers avec un mini-disque contenu dans une pochette cousu). Je vous en reparlerai peut-être plus tard.

Dangers ne perd pas de temps pour s’installer et c’est devant un petit public, plus mince que pour les groupes d’ouverture (le phénomène classique du « je viens pour voir mes potes jouer mais je me fous du reste parce que c’est pas mon style, tu vois », je présume), que leur set commence. La réussite totale qu’était Messy, isn’t it m’a à peine fait prêter attention à leur premier, mais néanmoins bon, album, le bien nommé Anger. Car si l’on peut reprocher à ce concert de ne pas avoir bénéficié d’un son aussi bon que sur disque, salle et guitare unique oblige, l’émotion que dégageait le visage du chanteur ne pouvait être remise en question, de même que son énergie pour hurler autant de paroles à la minute. Seul solution possible : le type possède un troisième poumon. Ses trois compagnons sont un peu plus discrets dans leur attitude mais assurent la reproduction fidèle de leur composition.

Celle de Messy, isn’t it ressort plus à mes oreilles que celle de Anger, plus frénétique et moins variée que des merveilles comme Opposable (« Bass ! ») ou A missed chance for a meaningful abortion. La plupart des duo de morceaux sont précédés d’une introduction du chanteur où il explique le sens de ses paroles, et encourage le public a venir lui parler à la fin du concert pour discuter de leurs différentes opinions (l’homme par rapport aux animaux, la mort, la police). Il détaille son propos avec intelligence et une raison qu’il semble perdre quand il se lance dans le public pour exprimer toute sa rage, quitte à se rouler sur le sol. Peu de monde et pourtant une ambiance de folie, typiquement le genre de concert que j’aimerais refaire plusieurs fois sur la même tournée pour en profiter un maximum. L’occasion devrait quand même se présenter de nouveau m’a promis le chanteur après le concert, et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, elle s’accompagne aussi de l’annonce d’une rentrée prochaine en studio pour un nouvel album, deux bonnes nouvelles pour finir une excellente soirée pour se purger au son d’une musique originale et vivante.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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