[Live Report] Decapitated + Aborted + Fleshgod Apocalypse au Glazart – Décimation et brutalité dans la joie

Pour une soirée death metal, j’étais surpris de voir le Glazart aussi remplis de jeunes têtes, mais il semblerait que la scène death metal connaisse une sorte de renaissance aussi du côté du death metal moderne que du death metal old school, dont les disques inspirés de Incantation, Asphyx et Entombed envahissent les blogs spécialisés.

Je suis arrivé un peu trop tard dans la salle pour le tout premier groupe et ne vit donc que le second, Archspire, en provenance de Vancouver, avant que ne commence réellement le concert de ce soir. Le deathcore que jouait ses canadiens s’inspire très fortement de All Shall Perish avec comme seul particularité un chanteur au registre de voix assez large pour chanter avec une voix claire entre des passages alternativement criés et growlés. Les solis des guitaristes mettent bien en valeur leurs prouesses techniques sans qu’aucune mélodie ne retiennent mon attention. Le groupe était énergique, les musiciens efficaces et le chanteur s’adressait au public en cochant à chaque fois toutes les phrases classiques du groupe de metal sur scène (« Are you having a good time? », « I want to see you go fucking crazy! », « Let’s see some fucking hands in the air! »). Ne vous faites donc pas de soucis si vous les avez loupés mais peut-être deviendront-ils plus intéressant un jour?

Ce qui est sur, c’est que le public n’était pas venu en masse pour eux mais pour Fleshgod Apocalypse, des italiens vétus de costard et grimés façon camouflage dont le death metal technique à la Cannibal Corpse se mélange avec des claviers baroques d’une manière surprenante et bien composé malgré tout le côté casse gueule de l’expérimentation. Dès leur premier album, Oracles, sorti sur Willowtip, le groupe avait attiré mon attention avec une collection de chanson brutale et efficace dont les orchestrations encore parcimonieuses (avec des intros au piano ou au violon et quelques envolés de corde entre les respirations des guitares) en faisait une curiosité agréable de temps à autre. Le groupe a ensuite sorti un EP, Mafia, sur le même label, et s’est envolé vers l’Allemagne pour rejoindre l’écurie Nuclear Blast à qui ils ont donnés Agony, un album rempli à moitié d’orchestrations ne laissant que peu de place aux guitares pour respirer. C’était du moins l’impression que j’avais eu en écoutant distraitement l’album pour le reposer très vite dans ma corbeille et mettre de côté le groupe. Pourtant, j’espérais toujours voir sur scène des morceaux de Oracles ce qui me fit sauter sur l’occasion de les voir sur cette excellente affiche.

Durant les balances, le public se faisait déjà plus attentif que pendant le groupe précédent mais une fois le groupe lancé l’enthousiasme du public pour ces italiens ne fit pas de doute. Malgré la vingtaine de minute donné au groupe, les cinq titres joués récoltèrent plus d’applaudissement et de bras levés que durant tout le set de Archspire, preuve que si je n’avais pas été convaincu par mon écoute de Agony, d’autre avait eu un avis contraire. Le clavier, toujours aussi présent qu’à ma première écoute, ne fit pas perdre en puissance l’assaut des guitares et de la batterie. Même l’ajout du chant clair du bassiste est maîtrisé, ce qui est d’autant plus notable puisque dans un groupe plus mélodique la voix de celui-ci sonnerait terriblement faux alors que ses inflexions très particulières correspondent très bien au style brutal et baroque de Fleshgod Apocalypse. Cependant, certain ont parlé après le concert de playback. Je le mentionne mais ne souscrit pas pour autant à cette théorie car de mon point de vue les lèvres du musicien étaient toujours collés contre le micro au bon moment. Alors enregistrement ou performance? En tout cas, celle du groupe était globalement excellente et m’a fait acheter leur disque à son issu.

Place maintenant à des vétérans du milieu death metal, les belges de Aborted, ou devrais-je plutôt le dire LE belge puisque des membres originaux il ne reste plus que le chanteur, Sven de Caluwé, maintenant entouré de nouveaux chevelu alors qu’il a perdu tout ses poils pour cette nouvelle version de Aborted plus brutal que jamais. Des deux derniers albums, Strychnine 213 et Slaughter and apparatus, aucun morceau ne fut jouer, le groupe préférant se focaliser sur les débuts de la carrière, plus grind et plus brutal. Le EP paru cette année revenait au style du groupe à l’époque d’Engineering the dead et ce seront donc des morceaux de ce disque, ainsi que de Goremageddon (Meticullous invagination, dédicacé au public féminin) et de The Archaic abattoir (Dead wreckoning et A cold logistic slaughter) et du nouvel album à venir en 2012 qui furent jouer devant un public très enthousiaste, se prêtant volontiers au jeu du Wall of death (copyright Sick of it All), mené par un Sven excité et un groupe on ne peut plus carré quand il s’agit de jouer des riffs rouleux compresseurs. De ce concert je regrette donc le manque de netteté dans le jeu des solos et des parties plus mélodiques mais à mon sens je fut bien l’un des seuls à s’en plaindre devant le raz de marré provoqué par le retour de Aborted sur les planches. Une histoire à suivre.

Le rôle de conclure cette soirée est à Decapitated et après autant de bonnes surprises ce n’est pas une mince affaire que de faire oublier les deux rouleaux compresseurs précédent. Mais de rouleaux, Decapitated en a composé plus d’un, dont leur dernier album en date, Carnival is forever, un mélange réussi de contre temps à la Meshuggah et de death metal polonais comme ils savent si bien le faire. L’entrée en matière se fait avec des morceaux de ce dernier album et dès le début l’intensité est à son maximum et ne descendra a aucun moment durant le concert. Le public participe à l’orgie sonore et le groupe ne relâche jamais la pression, même quand le guitariste part discuter avec un roadie et continue de jouer sans manquer une seule note de sa musique pourtant très technique . Les tragédies qui ont frappés Decapitated ne les ont manifestement pas fait dévier de leur chemin vers l’originalité et la brutalité et ce concert en fut la preuve. Plus d’une heure de musique et pas de signe de lassitude dans le public, si ce n’est dans le regard du videur obligé de débarrasser de la salle un spectateur bien trop bourré. La conclusion se fera, comme de bien entendu, avec Spheres of madness, de l’album Nihility, pour finir d’achever un public qui en aurait bien redemander. Assurément la jeunesse du public reflète bien l’enthousiasme et l’énergie de ces prodiges polonais qui sont sur le chemin pour sse hisser au même niveau de popularité que Behemoth.

En guise de conclusion je tenais à souligner aussi que depuis que le Glazart est devenu le lieu de prédilection des concerts de metal parisien, la qualité sonore de la salle est devenu de plus en plus satisfaisant et permet à Paris d’avoir un lieu approprié pour des concerts de cette taille où l’on peut profiter des groupes avec un bien meilleur confort que dans l’ancienne Locomotive où la qualité sonore n’était pas souvent au rendez-vous.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 22 décembre 2011 à 01:48 #

    Salut, je tiens juste à signaler que le groupe qui jouait quand tu es arrivé est Cyanide Serenity et non Archspire.

  2. 22 décembre 2011 à 11:01 #

    Merci de la précision. J’avais cru comprendre que c’était leur nom mais qu’ils étaient canadiens. Du coup, quand j’ai écris mon live report et que j’ai vu que Archspire était anglais et non canadien je me suis dit que je devais m’être trompé.

  3. 22 décembre 2011 à 15:35 #

    Non attends, les Archspire sont bien canadiens et Cyanide Serenity sont bien anglais ^^

    Archspire ça bute, c’est du brulal death uuultra technique à la Origin ou Henker, mais puissance 594 (environ)! Ils n’ont pas joué très longtemps, c’est regrettable :/

  4. 22 décembre 2011 à 18:53 #

    A la vitesse qu’allait la double grosse caisse, c »est un peu ce qu’il me semblait entendre à travers les murs du Glazart. Je suis assez lassé par le death technique sans atmosphère. Rien ne vaut les premiers Cryptopsy dans le genre, en dehors de cela je trouve le genre trop démonstratif, à l’exception de groupes comme Ulcerate et Gorguts qui apporte une touche personnelle et une atmosphère.

  5. 27 décembre 2011 à 13:40 #

    J’aime pas trop le son mais la guitare déchire!!en tant que guitariste je me suis pris ceci
    http://www.buldoz.com/product.php?id_product=129

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