[Live Report] Festival Lez’arts Sceniques 2011 – journée metal

Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours !
C’est un peu ces premiers mots qui me sont venus aussitôt le pied remis à Metz, après 3 jours complètement fous passés en Alsace, sur le site de Tanzmatten tout contre le joli patelin Sélestat, pour la 10ème édition du festival Lez’arts Sceniques, qui a rameuté pas moins de 17 000 personnes (record battu).
C’est ce même sentiment – sûrement décuplé – qu’a dû ressentir toute l’équipe du festival (bonjour et  bravo à Noumy, Pauline et Ludo entre nombreux autres !!) au sortir d’une si belle aventure. ­

Lez'Arts Sceniques by Ugo Schimizzi

Lez'Arts Sceniques by Ugo Schimizzi

Car, de la même manière qu’il est possible d’établir des oppositions aussi certaines que j’ai le fusil / tu creuses il est à mon avis possible de différencier une personne ayant déjà vécu un festival et le quidam ignare. Certes, après, il y a festival et festival. Ici, avec Lez’arts sceniques, ce n’est rien de moins à mon avis que mon coup de cœur en terme d’organisation, de mélange culturel, d’intelligence, d’éclectisme, bref de création d’un monde à part (à noter que ce coup de cœur vient rejoindre ceux pour le Cabaret Vert et le Jardin du Michel. Et oui, il y a des festivaux bien dans l’Est !)

Mais trève de bavardage, je reviendrais dans un beau bilan sur ces 3 jours de festivals pour mon dernier article. Place à la première journée, qui faisait la part belle à la scène metal !
Cette journée commence pour moi par Korpiklaani sur la « grande scène ». Grande scène entre guillemets car on peut la définir ainsi seulement par sa taille. En effet, la qualité de la programmation de l’ensemble du festival est telle qu’on ne peut pas à proprement parler d’une « scène principale » vs une « scène découverte ». L’ancienneté de chaque groupe ferait pâlir toute formation lycéenne, avec en moyenne un bon quinze ans d’âge par entité. Record explosé le lendemain par les Dubliners (50 ans de vieillissement en fût de chêne les bonhommes !).

Korpiklaani by Ugo Schimizzi

Korpiklaani by Ugo Schimizzi

Mais bref, c’est donc Korpiklaani – 18 années au compteur – qui font leur show sous un agréable soleil qui leur donne d’ailleurs une joie de vivre incroyable. Armés de leurs riffs envolés, de leur folk metal dansant et de leurs nombreuses chansons à boire (Beer Beer, Vodka, Tequila) le groupe ne tarde pas à conquérir un public réceptif, sautant en tous sens. Korpiklaani enchaîne les morceaux de son dernier album Ukon Wacka sorti cette année et déjà bien rodé. Même si la température n’est pas très élevée pour ce premier jour et le public pas encore au maximum de sa capacité, l’ambiance est déjà bien là et on a bien envie de s’en jeter un petit.

 

Spiritual Beggars by Ugo Schimizzi

Spiritual Beggars by Ugo Schimizzi

Mais pas le temps ! A peine retourné et le temps de traverser la plaine qui accueille le festival que Spiritual Beggars entame son set. Le premier projet du guitariste de Arch Enemy embarque également le bassiste du même groupe et propose un metal sans grandes aspérités de 19 ans d’âge. Bon sans être incroyable, le groupe ne me laisse pas un très grand souvenir comparé à ses camarades de journée.

 

A ce sujet, les jeunots (9 ans à peine !) d’Epica me laissent un souvenir bien plus présent à l’esprit. Outre la charmante frontwoman Simone Simons, Epica est avant tout à mon sens un savant mélange entre la beauté d’un chant féminin maitrisé – créneau un peu en deuil depuis la re-création de Nightwish – de bonnes partitions guitare/synthé et l’ajout intelligent de grunts et chants gutturaux. 4ème fois déjà que je vois le groupe et sincèrement je vois une amélioration à chaque passage.

Epica by Ugo Schimizzi

Bon jeu de scène, véritable complicité entre Simone et son ex-copain de guitariste, mais aussi avec les autres membres de la formation, son impeccable, de l’humour et même un gros effort pour parler en français. Bref Epica laisse un bon souvenir au public déjà plus fourni qui se précipite vers les frenchy de Dagoba.

 

Le groupe, finissant cette année un double septennat sur les terres du metal français peut se targuer d’avoir une réelle sympathie et reconnaissance du public. Les marseillais (!), bien dans leurs instrus et face au soleil bourrinent d’entrée de jeu et proposent aux ptits gars présents un « wall of death » qui signera la marque de fabrique de tout leur concert : frontal, violent, carré, finement orchestré.

Dagoba by Ugo Schimizzi

De la même manière que leurs cousins de Gojira la semaine passée au Sonisphère n’étaient pas forcément ma tasse de thé, force est tout de même de constater que le groupe a une capacité sonore gigantesque et une qualité scénique hautement reconnaissable. Très bonne prestation du groupe et véritable engagement. Plaisir d’offrir, tout ça tout ça…

 

Les suédois d’Arch Enemy – 16 ans de bons services – s’emparent ensuite de la grande scène, la bande de mecs étant emmenés depuis 2001 par Angela Gossow, figure féminine par excellence du gros grunt qui tâche dans un milieu death metal plutôt masculin. Les traits accentués par le maquillage apache, Angela Gossow joue son rôle de grosse tarée des watts, faisant fi du soleil et de l’ambiance bonne enfant du festival et priant l’âme des métaleux présents ici-bas de bien vouloir se réveiller et foutre le bordel.

Arch Enemy by Ugo Schimizzi

Arch Enemy ne profite pas de la possibilité de diffuser  en live leur prestation sur les 2 écrans disposés de part et d’autre de la scène et préfère présenter des vidéos quasi-exclusivement tournées vers des images de guerre, doublées des paroles des chansons dans un style « chantez avec nous » plus que douteux.
Le peu de finesse du groupe ne m’incite pas plus que ça à réécouter leurs compos après le concert…

 

Frôlant les bords hardos du metal, c’est les américains de Nashville Pussy qui viennent ensuite faire suinter les enceintes et balancer à la face de l’Alsace leur rock débridé. Quatuor bien siphoné du bulbe depuis 15 ans déjà, Nashville Pussy profite de cette date supplémentaire pour envoyer leur Psychobilly rock en pleine gueule de tous les contrevenants, swinguant sur les champs des décibels une bière à la main.

Nashville Pussy by Ugo Schimizzi

Carrément excités sur scène, ça bouge pas mal alors que la nuit tombe et la sueur se mêle aux watts bien imbibées. Encore une bonne note pour cette journée et un excellent tremplin d’une heure avant l’arrivée de la tête d’affiche du soir.

Bien loin des bébés nées dans les années 1990, les teutons de Helloween débutent leur carrière en 1984. 27 ans plus tard, Michael Weikath à la guitare et Marcus Grosskopf à la basse continuent toujours d’assurer le groove, les autres membres étant là depuis au moins 8 ans.
Fidèles aux programmes, la formation offre 1h20 de concert, Andi Deris au chant se faisant visiblement un plaisir de jouer en France. S’essayant au français, découvrant deux professeurs dans la foule, il réussira à se mettre dans la poche un public connaisseur, prêt à chanter tous les refrains, du reste, assez facilement mémorisables.

Helloween by Ugo Schimizzi

Parents proches de leurs compatriotes Scorpions, Helloween en vieux routard assure un show de qualité, conservant leur plus gros succès pour la fin du concert, I Want Out étant étiré en une version interminable de 11 minutes. Du bon boulot et un bon souvenir !

Morts de froids, on esquive malheureusement Madball pour aller récupérer un pull et revenir assister au « show » de Cradle Of Filth. Bien mal nous en pris.
Après des balances assez comiques – les commentaires des ingés sons étant audibles depuis la foule – le groupe finit par se présenter avec un quart d’heure de retard (les seuls sur toute la journée…).
Histoire de replanter le clocher au milieu de l’église mais aussi du village, il serait bon de préciser deux-trois trucs concernant le groupe et notamment leur leader Dani Filth.
Dani Filth, petit bonhomme impétueux d’environ 1m50 monté sur New Rock ne s’est tout d’abord pas présenté dans l’après-midi à la conférence de presse prévue. Non, môssieur Filth, complètement déchiré, vidait tripes et boyaux dans les wc. Le personnage s’est ensuite « entretenu » avec les membres de son groupe, l’un d’eux finissant par  recevoir une « chiquenaude » dans sa face.
On craignait donc pour la tenue du concert. Finalement, il aurait mieux fallu que le groupe split à la Oasis avant de monter On Stage tellement le « truc » auquel nous avons pu assister fut lamentable.
Titubant à moitié sur scène, Dani Filth est totalement détaché des musiciens – et pour cause. Ceux-ci effectueront le boulot en bons professionnels rémunérés pour l’évènement. Au milieu, l’électron libre Dani Filth tentera quelques cris hagards – semblables à des égorgements de poulets – ayant pour effet des pics de larsen assez désagréables. Réaction du principal intéressé : tenter d’aller tabasser l’ingé son plateau, lui faire des menaces et puis finalement lui jeter des pleines bouteilles d’eau à la gueule. Passé trois titres, la foule s’est dissipée, ne restant qu’une poignée de fans et quelques groupes épars mi-curieux, mi-amusés/révoltés par la scène. Toujours aussi déchiré, Dani Filth, ayant trébuché sur un retour, tentera du haut de ses 50 kg de gras de le faire basculer sur un agent de sécurité présent dans le pit en contrebas de la scène.
Bref, un gâchis, une attitude lamentable, un déchet humain, un souvenir à oublier. Très certainement et de loin le pire concert de ma vie et je suis vraiment triste d’avoir à écrire ces lignes tant pour le festival que vis-à-vis du groupe qui a su écrire par le passé quelques compositions simplement magnifiques…

Du coup, dégoutés, c’est sur ce souvenir que nous nous enfuyons vers le camping, abandonnant à leur sort les joyeux lurons de Andreas & Nicolas qui nous offriront bien heureusement une séance de rattrapage le lendemain à l’espace presse. Un show comique avec des paroles d’une débilité sans nom, mais diablement drôles ! Un peu la mode en ce moment à l’image de La Chanson du Dimanche, mais toujours agréable puisque bien fait !

Rendez-vous donc pour la deuxième journée, axée punk et rock, avec notamment Les Sales Majestés, Miyavi, The Dubliners, Pennywise, La Phaze, Sum 41, Shaka Ponk, Ez3kiel vs Hint et Punish Yourself.
Un programme tout simplement énorme pour la deuxième journée que j’attendais le plus, privée malheureusement de The Subways, contraint d’annuler leur tournée, leur chanteur ayant fait une infection de ses petites cordes vocales…

Et puis bien sûr, pleins pleins de photos de chaque groupe à retrouver sur la galerie :

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Auteur:uGo

Musicien malgré lui depuis l’âge de ses 6 ans, survivant d’une école d’art, plongé à ébullition dans le digital, Ugo par mégalomanie aime bien parler de lui à la troisième personne. Après plus de 3 ans à profiter gratos de concerts et festivals en prétextant y faire quelques photos et un article par-ci, par-là, l’hurluberlu voyageur n’a toujours pas compris que cumuler projets associatifs et bénévoles ne nourrit pas son homme. Qu’importe, le but du recrutement ici était de boire des coups ! Au-delà des pitreries, la musique, l’art et la culture sont ses grandes marottes, et tout projet allant dans cette direction titillera ses sens aiguisés et en alerte (épatant non ?).
  1. 20 juillet 2011 à 16:14 #

    Bah c’est dommage pour Arch Enemy. J’avoue qu’on n’a pas eu ce style de comportement au Graspop Metal Meeting (pas d’écran sur leur scène) et Angela a eu une répartie assez sympa suite à un verre de bière lancé sur scène.

    Pour Epica, j’ai été surprise de l’engouement pour ce groupe – plutôt pas ma tasse de thé – au Graspop.
    Nightwish a laissé un vide suite au départ de Tarja et je vois mal les petits nouveaux assurer autant.

    Wha c’est dommage pour Cradle, vous avez loupé du gros show XD *ironie inside* franchement, Filth était pas bourré au Graspop mais le show n’en était pas mieux :D

    La chanson du dimanche, sauf erreur de ma part, est arrivé après Andreas et Nicolas, même si ceux-ci sont moins populaires, c’est la chanson du dimanche qui s’en rapproche et pas le contraire ^^ *trolltime*

  2. 20 juillet 2011 à 16:36 #

    Le seul groupe pour lequel j’aurais payé ma journée du jeudi aurait été Madball, et t’as meme pas écrit sur eux, j’suis deg parce que j’aurais bien voulu savoir ce que ca donnait en live, tant pis
    a tres vite pour le LP du vendredi, journée punk

  3. 24 juillet 2011 à 23:12 #

    Je ne comprends vraiment pas ton analyse sur la prestation de Arch Enemy!!??!! Etant pourtant un grand fan d’Helloween, j’ai trouvé leur prestation largement au dessus ! J’ai même trouvé que c’était la meilleure de la soirée… Étrange. Comme quoi les avis diverges.
    En tout cas on est d’accord sur un point, le concert de cradle était minable. La faute à Dany qui restera à jamais une grosse merde.

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