Il y a une poignée d’artistes pour qui, à l’annonce d’une date de concert à Paris, je n’hésite même pas une seconde : j’en serai. Heather Nova en fait partie. En effet, je suis tombée amoureuse de la sirène des Bermudes voilà un peu plus de 13 ans maintenant. A l’époque, perdue dans ma province natale sans stations de radio dignes de ce nom, je ne connaissais rien à rien en musique. Un jour, je suis tombée sur la critique du dernier album en date de la blonde chanteuse, Siren, dans un magazine. Bien sûr, je ne la connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, mais la lecture de cette critique m’a donné envie de l’acheter, et aussitôt dit aussitôt fait. C’était la veille de mon bac de français, et vu que j’ai excellé à cette épreuve, j’ai alors considéré cet album comme un genre de porte-bonheur. Il m’a accompagnée pendant plusieurs épisodes de ma vie, et aujourd’hui je le réécoute toujours avec plaisir. Cet album est une oeuvre majeure dans la conséquente discographie de Heather Nova, d’une part parce qu’il est excellent de bout en bout, d’autre part parce qu’y figurent ses deux seuls titres un peu connus, London Rain et Heart and Shoulder, qui sont apparues dans les bande-originales de séries pour ado, genre Dawson et consorts.
Une introduction un peu longue pour dire que lorsqu’il y a quelques mois on m’a proposé d’assister au concert, j’étais aux anges, car j’ignorais qu’à peine un an après son dernier passage, la belle était de retour à Paris, dans le cadre de la promotion de son dernier album 300 days at sea. En effet, ses venues en France sont assez rares, car elle est malheureusement assez peu connue en France. Par conséquent, ce dimanche 20 novembre, je ne suis pas étonnée de constater que le Bataclan n’est qu’à moitié plein pour accueillir cette artiste talentueuse. La première partie est assurée par Sara Johnston, une chanteuse canadienne qui a débuté sa carrière à la fin des années 1990 au sein du collectif Bran Van 3000. Seule sur scène avec sa guitare, elle propose une musique folk agréable, mais un tantinet ennuyeuse. Je préfère largement les versions sur albums que j’avais écoutés avant le concert, car jouées par un groupe, les chansons deviennent alors beaucoup plus punchy et accrocheuses. On retrouvera la chanteuse aux choeurs et au clavier pour le set de Heather Nova.
Pendant l’installation de la scène pour le set de Heather Nova, on voit que cette fois elle sera accompagnée par un vrai groupe, contrairement à son dernier passage à Paris l’année dernière dans le cadre d’une tournée acoustique. Comme toujours, le pied de micro est entouré de fleurs. Le concert commence avec Everything changes, un morceau extrait du dernier album que j’avais découvert lors du concert de l’an dernier où elle l’avait chanté en avant-première. Il m’avait tout de suite plu et cette fois encore il me donne d’emblée la chair de poule. C’est en effet le genre de morceau émouvant qui prend aux tripes, comme seule Heather sait en écrire. Le concert commence à peine et me voilà donc déjà les larmes aux yeux. Ca promet ! Le second morceau Heart and Shoulder, fait un peu retomber la pression, car il s’agit d’un mid-tempo entraînant que tout le monde dans la salle semble connaître. En même temps, rien d’étonnant à cela car 1) comme je l’ai dit précédemment, ce morceau est l’un des plus connus de l’artiste 2) le public présent est en grande majorité composé de fans qui connaissent la discographie sur le bout des doigts.
La chanteuse a toujours l’allure d’une adolescente, en jeans et débardeur, et une silhouette longiligne. Cependant, comme pour la première fois je la vois de vraiment près, je m’aperçois tout de même que son visage commence à porter les stigmates du temps qui passe, mais bon, un peu normal à 44 ans ! Par contre, la voix, elle, reste la même, toujours aussi pure, bouleversante et magique. La set list du concert fait la part belle aux chansons du dernier album, normal, mais Siren est également bien représenté, de même que Oyster. Par contre aucune chanson de Redbird, ce qui ne me dérange pas plus que ça étant donné que c’est celui que j’aime le moins. De plus, la set list est parfaitement équilibrée, entre ballades (Ride, Fool for you, The Good ship moon), morceaux pop (Beautiful ride, Turn the compass round, Higher Ground) et morceaux plus sombres aux sonorités rock (Island, Make you mine, Sugar). Ces derniers sont issus des premiers albums de Heather, et on peut regretter que parmi ses dernières oeuvres, il n’y ait plus de morceaux de cette trempe-là. Mais depuis l’album South en 2001, qui avait inquiété ses fans car composés de pop songs suproduites – Heather est d’ailleurs la première à le reconnaître et à le regretter – elle privilégie les ballades intimistes. Mais après tout elle le fait tellement bien !
Encore une fois un très beau concert de la part de Heather Nova qui sait faire passer des émotions comme personne. Il est vraiment triste que cette artiste talentueuse ne soit pas plus connue en France et qu’avec 20 ans de carrière au compteur elle ne parvienne pas à remplir un Bataclan. J’étais tout de même un peu déçue de ne pas retrouver certains de mes titres préférés, mais avec une discographie aussi fournie que la sienne, il fallait bien faire un tri ! A noter, l’artiste a la particularité de remanier ses set-lists, ce qui fait que chaque concert de la tournée est unique. Sur son site, il est d’ailleurs possible de télécharger les concerts en version mp3. Pour la découvrir ou simplement revivre la magie du live, voici une heure d’un des concerts de la tournée actuelle :
SET LIST
Everything Changes
Heart and Shoulder
Save a Little Piece of Tomorrow
Like Lovers Do
Island
All I Need
Turn the compass
Winterblue
The Good Ship Moon
Ride
I Wanna Be Your Light
Do Something That Scares You
Higher Ground
London Rain
Beautiful Ride
Make You Mine
Rappel :
Fool For You
Walk this World
Rappel 2 :
Sugar



















