L’affiche de ce soir au Nouveau Casino était uni par la longueur des cheveux plutôt que par les influences tant elles étaient dispersés aux quatre coins de l’arbre généalogique de la musique saturée.
C’est d’abord dans une salle bien vide que Wolves Like Us commence a jouer à 20H25. Avec leurs barbes et leurs têtes de bucheron j’aurais juré avoir retenu de leur musique une forte influence de Mastodon alors qu’il n’en fut finalement rien. L’habit ne fait définitivement pas le moine car a en juger par la couleur des mélodies joués par les deux guitaristes c’est du côté de Quicksand que Wolves Like Us a fait son nid pour composer des chansons entre punk et post-hardcore plus ou moins efficacesdans leur capacité a s’insérer dans les têtes. Le duo de voix fonctionne plus ou moins bien sans jamais tomber dans le navrant et l’énergie dispensé suffit a retenir mon attention. Wolves Like Us parait suffisamment expérimenté pour avoir une place un peu plus haute sur une autre affiche moins metal mais sur celle-ci leur musique agit comme une mise en bouche avant la dose de testostérone a venir.
Cela fait quelque temps que j’entends parler de The Secret sans jamais réussir a rentrer dans leur musique. Le concert de ce soir, en remplacement de Trap Them, devait donc me convaincre de leurs qualités, et aussi me faire oublier l’absence d’un de mes groupes favoris. Un pari difficile qui ne fut malheureusement pas tenu pour de nombreuses raisons. Malgré la qualité du son durant toute la soirée, celui de The Secret fut des plus chaotique, la faute au grésillement de la basse, dont la présence obscurcissait les riffs influencés autant par des groupes de black metal (on notera le tee-shirt Tsjuder du guitariste) que Converge. Une influence d’autant plus visible dans le jeu du batteur dont la main gauche avait bien du mal a faire sonner ses blasts et ses roulement. Pourtant, dès qu’il prenait un peu d’élan pour frapper sa caisse claire avec force, il réussissait a faire sonner les passages les plus lent. En revanche, dès que le tempo accélérait, son jeu se perdait dans le marécage sonore et ne parvenait pas a insuffler le dynamisme nécessaire au morceau. Avec des influences similaires à celle de Celeste, The Secret souffre du même problème en concert qui est de rendre leur disque ultra saturé audible au delà des premiers rangs. Bien que d’apparence sympathique, la musique de The Secret ne parvint pas a me toucher, de même que les fans acquis à leur cause qui me témoignèrent leur déception après leur set. Un groupe surement beaucoup plus plaisant sur une plus petite scène.
Changement de style et de public pour le groupe suivant car c’est un voyage dans le thrash des années 80 que propose Toxic Holocaust. Avec sa coupe blonde péroxydée, le chanteur guitariste aurait pu jouer dans Wayne’s World si son coeur ne balancait pas pour Slayer et Metallica plutôt que pour Alice Cooper et Guns and Roses. Je ne vois pas grand chose a dire sur leur musique si ce n’est que pour un groupe aussi influencé par de vieux groupes pompés de toute part le rendu est malgré tout efficace. Deux neurones se battent en duel dans l’écriture des titres des morceaux et des paroles mais le reste du cerveau semble être consacré a écrire des riffs que ne pourraient pas renier Jeff Haneman ou Kerry King si les leur soumettait pour de nouveaux morceaux de Slayer. Au bout de deux demandes de faire tourner un circle pit le public s’exécute et monopolise la moitié de la salle pour se rentrer dedans gaiement au son d’une sélection de titres sur l’ensemble de leur discographie qui remonte tout de même déjà à 2002. Les fans semblaient être déçu de ne pas les voir jouer plus longtemps mais à voir le public applaudir généreusement leur prestation ils n’auront pas de mal à revenir visiter la capitale.
La caméra de Arte fait maintenant son apparition pour saisir les norvégiens de Kvelertak et attiser la hype qui n’a cessé de grandir autour de ce groupe depuis leur première tournée européenne avec Converge. Hype bien mérité en ce qui me concerne, n’en déplaise à ceux qui ne goûte pas leur black metal de l’été (TM). Du premier au dernier riffs, tout mes ennuies s’envolent au rythme du roulement du gros bidon a bière que porte le chanteur à la place de son ventre (ce n’est pas un hasard si le groupe a maintenant sa propre marque!). Avec trois guitares, les riffs s’envolent dans toute la pièce et font hocher les têtes des metalleux jeunes et moins jeunes, boosté par le rythme punk (avec quelque blast, histoire de rappeler l’influence black metal) que ces norvégiens mettent au service d’un mélange aux mélodies entêtantes. Qu’à cela ne tienne que personne ne comprenne les paroles en norvégiens, on les reprends quand même en yaourt et en choeur en levant le poing ou les deux doigts du malin avec un grand sourire aux lèvres. La communion avec le public parisien ne sera pas seulement spirituel puisque l’un des guitaristes aura joué sur le bar pour ensuite partir dans le public avec deux de ses compagnons durant le morceau de rappel. Avec seulement un seul album, Kvelertak a conquis le public européen à force de tourner et se retrouve donc déjà en tête d’affiche au dessus de thrasheurs qui en sont à leur neuvième année d’existence. L’enthousiasme autour de ce groupe continuera t’il quand le deuxième album sortira? Cela reste à voir mais il n’y a pas a douter que public et groupe auront profité d’un excellent moment (hormis la spectatrice qui s’est reçu le pied de micro dans le visage pendant le rappel) si la romance ne durait pas.


















