Trois groupes d’ouverture c’est un peu trop pour un pauvre homme qui arrive à peine de Londres, je n’ai donc vu qu’un tiers des premières parties avant que les deux flammes du screamo actuel ne viennent allumer les yeux des fans présent ce soir au Batofar.
Ma soirée commence avec Death is not Glamourus, que j’aurais préféré éviter, mais que j’ai tout de même subit pour pouvoir vous en faire part, et aussi pour ne pas avoir a retraverser la foule compact qui se pressait déjà dans la salle. Death is not Glamourus est norvégien mais pourrait très bien venir de Californie que l’on ne verrait pas la différence. Chanteur en train de sautiller dans la fosse tout en crachant ses paroles sur le punk rock mélodique de ces potes sur scènes,l’un avec un tee-shirt Death et un air de ne pas vouloir trop s’impliquer, et un bassiste à moustache et coupe à mèche, peut-être la pire combinaison au monde. Il y a donc beaucoup a dire sur le look des musiciens plutôt que sur leur jeu. A mon entrée dans la salle j’ai d’abord cru que l’on passait un disque avant de me rendre compte qu’un groupe était en train de jouer! Le batteur semble avoir une approche très particulière du live qui semble se résumer à « Surtout ne réveillons pas les voisins » vu le peu d’énergie qu’il met à frapper son kit. Le reste des instruments est tout propre, tout net, sans fausse note et aussi sans âme. Un groupe de plus dans la grande marmite du genre pour qui la réception aura été enthousiaste. Blink 182 peut revenir sans problème, il y a encore un public de jeunes pour eux.
En comparaison, Touché Amoré est un peu comme le retour de Jésus sur Terre dans mes oreilles. A dire vrai, Touché Amoré EST le retour de Jésus dans mes oreilles. J’attendais ce concert avec impatience depuis que j’ai découvert cette année leur premier album, … To the beat of a dead horse, et leur dernier a très vite rejoint le rang de mes albums de l’année 2011. Après avoir vu quelques vidéos live sur youtube, je me tenais de pied ferme à accueillir ces jeunes prodiges et leur mélange de post rock, de punk et de screamo et je n’étais pas le seul. Dans la fosse des visages familiers, et d’autre tout nouveau, sautent et reprennent les paroles en choeur. Car les paroles dans Touché Amoré, c’est à peu près la moitié de l’intérêt du groupe. Certes, les chansons sont excellentes et les riffs entrainants, mais si ces brulots d’une minute trente m’ont autant touchés, c’est grâce à la voix de Jeremy Bolm et à ses paroles.
Penché vers le public ou le corps arc boutés entre les musiciens, l’homme dégage une passion et un charisme indéniable qui attire tout les regards et tout les poings quand il faut scander les passages les plus marquants de titres comme Honest sleep, Cadence, ~ ou Home away from here (a noter aussi un petit emprunt à Hurt de Nine Inch Nails sur un passage que je pense ajouter pour le live). En gros, en un moins d’une demi-heure, les titres les plus marquants des deux disques, ainsi que les deux morceaux de leur split avec La Dispute (avec le chanteur du dit groupe en guest, bien évidemment), sont joués avec enthousiasme d’un groupe qui découvre un public inattendus, selon les dires de Mr Bolm, et d’un public heureux de rendre la pareille à ces nouveaux héros. La moitié de la salle semble juste être attentif et contemplé calmement le phénomène sans trop réagir autrement qu’avec des applaudissements. Je fait le parie que leur prochain passage se fera dans une plus grande salle avec encore plus de poings et cordes vocales aux diapasons.
Je ne connais par contre que très peu La Dispute ce qui fait que mon expérience se fera au fond de la salle pour récupérer de ce qui vient de se passer. J’ai, entre temps, aussi acheter un tee-shirt de Touché Amoré et découvert que c’est le même bonhomme que je viens de voir se dépenser sur scène qui tient la caisse. Tout en sueur, il me réponds gentillement à ma question interloqué de le voir si-tôt dans une autre rôle (non, lui non plus ne comprends pas comment il peut encore être debout après le show, mais c’est ainsi que ça se passe) et je repars avec l’impatience de lui envoyer quelques questions pour un interview.
Depuis que je connais le nom de La Dispute, j’ai bizarrement toujours repoussé mon écoute attentive de leur musique. De leur discographie je connais leur deux titres avec Touché Amoré mais rien de plus. Une fois sur scène, ce que je pensais être un groupe de screamo, devient plutôt un mélange de rock avec des touches emo. Comme le fait justement remarqué mon voisin, la voix de Jordan Dreyer a des petits accents de Robert Smith de The Cure, si celui-ci criait la moitié de ses paroles. Depuis leur premier album, Somewhere at the bottom of the river between Vega and Altair, quelques morceaux sont sortis mais pas encore de nouvel album, normalement prévu pour cette année, ce qui fait que le groupe a bien évolué et le montre bien dans des compositions aux guitares moins puissantes mais à l’énergie persistante. Dreyer court sur place comme si il faisait un marathon, centre de l’attention de tous, à défaut aussi d’avoir des musiciens très actifs autour de lui. Jeremy Bolm revient sur scène pour l’accompagner sur les deux titres de leur split et reste ensuite sur le coin pour admirer ses compagnons.
L’amitié entre les deux groupes est évidentes mais là où Touché Amoré joue une musique urgente et possédé, la Dispute interprète ses morceaux avec plus de patience. En résumé, si les deux groupes font du screamo, Touché Amoré est le versant punk/hardcore du genre, et La Dispute son côté rock précieux. Rappelé sur scène pour un rappel, le public semble préférer ces derniers à leur compatriotes ce qui me force aussi à prédire un bien beau futur pour eux aussi. Ils seront de retour très prochainement avec Envy à la Maroquinerie et viennent de remplacer Kylesa sur la prochaine tournée de Thrice. De quoi les occuper et les faire connaitre aux quatre coins du monde. Quand à Touché Amoré, on m’a parlé d’une tournée avec un groupe français, mais cela reste encore à l’état de grosse rumeur.
Ps : Merci @GwenMetalfly pour les liens vers les vidéos.


















