[live report] Main Square Festival 2011 @Arras, jour 3

En cette dernière après-midi, c’est sur la Green Room que ça se passe. On débute par Manceau, un jeune groupe originaire de Rennes. Beaucoup de synthés dans cette pop qui, je trouve, a quelque chose de Phoenix. Comme un peu toute la scène française émergente. Ils sont jeunes, ils sont beaux gosses, ils prennent le public en photo et ils nous invitent à devenir amis avec eux sur leur page myspace ou facebook je ne sais plus. C’est mignon.

Manceau - Crédit photo : MS

Les choses sérieuses de ce dimanche commencent avec Evaline, qui m’avait été chaudement recommandé par mon fidèle compagnon de festivals. J’avais écouté Woven Material, leur premier album peu avant le Main Square et je n’avais pas été emballée. Damned, faut croire que ce jour-là j’avais vraiment de la merde dans les oreilles. Car ces Californiens sont tout simplement excellents. Avec pas moins de trois guitaristes, le groupe envoie du lourd. Et Richard Perry, le chanteur, est impressionnant. Habité par la musique, il bouge dans tous les sens sur scène. D’ailleurs, le prendre en photo a constitué une vraie prouesse technique ! Tout de noir vêtu, la mèche retombant sur les yeux, il fait un peu artiste torturé. Ca ne l’empêche pas d’aller se faire tirer le portrait à côté des festivaliers à la fin du set. Et pas une ou deux personnes, mais plutôt des dizaines. J’ai d’ailleurs été chargée de prendre mon pote en photo. La pression au moment d’appuyer le bouton de l’APN. Bah oui c’était vraiment la photo à ne pas rater !! Sinon il ne m’aurait pas reconduit en voiture jusqu’à Paris ! En tout cas je crois bien que je n’avais jamais vu un truc pareil. Respect !

Evaline - Crédit photo : MS

C’est ensuite le tour de I Blame Coco, un groupe que je suis curieuse de voir. En effet, derrière ce nom un peu exotique se cache Coco Sumner, alias la fille de Sting. Premier constat, fagotée comme l’as de pique et mal coiffée, on dirait qu’elle sort du lit. Deuxième constat : il y a de gros problèmes niveau réglages de son, on entend à peine sa voix. Dommage, car j’aime vraiment cette voix, profonde et assez grave, où l’on retrouve des intonations de son père. Enfin impossible de savoir si j’aurais pensé ça si je n’avais pas su qu’elle était la fille de. Par contre, l’orientation musicale prise par la jeune fille est un pur gâchis ! Si son electro pop fonctionne parfois, comme sur le tubesque Quicker, la plupart du temps l’abus de synthétiseurs donne un effet un peu kitsch pas forcément bienvenu. Dommage donc.

I Blame Coco - Crédit photo : MS

Le dernier concert sur la Green Room sera celui de Puggy, le groupe dont on nous aura rebattu les oreilles cette année et qu’on aura vu à tous les festivals ou presque cet été. Je connaissais juste vaguement leur tube When you know, j’avais trouvé ça trop commercial, je n’attendais donc pas grand chose de ce set. Eh bien finalement j’ai été agréablement surprise. Leur petite pop proprette passe très bien en live, les trois garçons communiquent beaucoup avec le public, et le guitariste-chanteur n’est pas désagréable à regarder. Bon évidemment ça ne va pas chercher loin non plus comme genre de musique, mais j’ai trouvé ce set très sympa, loin de la soupe à quoi je m’attendais. Je crois que je suis conquise, et me voilà en train de chanter à plein poumons le refrain de leur single que je critiquais peu de temps avant. C’est ça l’effet Puggy !  A noter, une reprise de Toxicity de System of A Down. En moins énervée of course. Mais l’annonce a un peu surpris sur le coup ^^.

Puggy - Crédit photo : MS

Dernière longue file d’attente pour la pause pipi avant le dernier dîner (eh oui c’est le moment des dernières fois), du coup je suis une nouvelle fois en retard pour le prochain concert, celui de PJ Harvey. PJ Harvey est le genre d’artiste que j’adorerais aimer. Eh oui c’est tout de même une riot girl et moi qui suis une fan de voix féminines, et notamment de rock féminin, je serais censée l’adorer. Mais je suis toujours restée hermétique à son univers, excepté quelques titres, et ce n’est pas l’orientation folk qu’elle a prise depuis quelques albums qui va m’aider à changer d’avis. C’est une artiste qui a pour qualité de sans cesse se renouveler, mais qu’importe le genre musical adopté, j’ai du mal. Et le concert de ce soir à la Grande Scène ne me fera pas devenir fan de PJ : il y a trop de monde et surtout je suis bien trop loin pour apprécier ce genre de concert à sa juste valeur. A mon sens, ce n’est pas le genre de concert qui a sa place dans un festival en plein air avec un son approximatif et un public plus occupé à boire de la bière et à manger sa saucisse-frites qu’à écouter l’artiste, mais plutôt dans une salle intimiste. D’autant que par à-coups on entendait Julian Perretta qui jouait en même temps à la Green Room et ce n’est pas vraiment le même style de musique !

Ce n’est pas le set suivant qui permettra à la foule de se réveiller puisque c’est Portishead qui s’y colle. De toute façon il ne faut pas se voiler la face, la plupart des festivaliers venus ce soir sont là pour Coldplay qui va clôturer l’édition 2011 du Main Square. C’est là qu’on se rend compte qu’il semble y avoir une certaine incompatibilité entre les fans de Coldplay et ceux de Portishead. Pour ma part j’appartiens à la seconde catégorie et j’ai constaté avec tristesse et consternation que les spectateurs fans de Coldplay qui étaient à côté de moi n’appréciaient pas le son bristolien à sa juste valeur. Exemple de remarque entendue : « ah c’est ça Portishead ? Je pensais que ça bougeait plus que ça »…eh bien non ma fille, désolée de te décevoir mais Portishead c’est pas David Guetta ! Je ne pense pas être quelqu’un d’intolérant, chacun a le droit d’avoir ses propres goûts musicaux, mais quand on aime pas, on se casse ou on ferme sa gueule, merde ! Bon sang, il y a vraiment des baffes qui se sont perdues ! Quand j’écoute Portishead, c’est religieusement, je ne plaisante pas avec ça. J’avais 13 ans quand j’ai entendu Glory Box pour la première fois, et la voix de Beth Gibbons a marqué toute mon adolescence. Toujours aussi sublime cette voix, et avec la nuit qui tombait sur Arras c’était vraiment un moment magique.

A 22h50 le Main Square Festival s’achève pour moi. En effet, nous avons décidé de ne pas rester pour voir Coldplay, car il y a de la route à faire jusqu’à Paris et certains travaillent de bonne heure le lundi. De toute façon ça fait bien longtemps que j’ai cessé de m’intéresser à ce groupe, et ce n’est pas leur nouveau single Every teardrop is a waterfall qui me fera changer d’avis !

A présent l’heure du bilan a sonné après ma première participation à ce festival :

Inconvénients :

  • le bracelet 3 jours : ça peut ne pas paraître important, mais ce bracelet est un objet de collection pour les festivaliers. Ainsi, l’an dernier, j’ai conservé à mon poignet les bracelets du Hellfest et de Rock en Seine pendant plusieurs mois. C’est un genre de signe distinctif.  Donc autant que l’objet soit un minimum beau et original. En l’occurrence, là c’était un bracelet avec le logo Coca-Cola…vive la publicité. Aussitôt le festival terminé, j’ai donc viré ce truc de mon poignet.
  • l’organisation :  la majeure partie du temps, les concerts étaient programmés aux mêmes heures sur les deux scènes. Ces dernières n’étant pas tellement éloignées l’une de l’autre, je vous laisse imaginer les débordements sonores, quand sur une des scène l’ambiance était plutôt calme et qu’à côté c’était bourrin ou festif. Par ailleurs, cette organisation m’a parfois posé quelques cas de conscience au moment de choisir à quel concert assister. Enfin les concerts débutant et se terminant en même temps, entre deux sets il ne se passait strictement rien, et il n’y avait rien d’autre à faire qu’attendre une grosse demi-heure, parfois plus.
  • le site : ok, c’est la Citadelle d’Arras, un site magnifique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Est-ce que ça en fait un site adéquat pour organiser un festival pour autant ? Non. En effet, peu d’herbe sur ce site (excepté la Green Room), donc peu d’endroits pour s’assoir (à moins qu’on veuille avoir ses vêtements dans un état vraiment lamentable). Vous me direz que ce n’est qu’un détail, mais pour moi il a quand même son importance, en comparaison avec des festivals comme le Hellfest ou Rock en Seine où le terrain est beaucoup plus vert. Par ailleurs, j’ai déjà évoqué le sujet dans le live report de la première journée mais les barrières qui avaient été installées pour marquer le chemin entre les deux scènes rendaient la navigation extrêmement pénible, façon bétail parqué dans son enclos. Le fait de piétiner comme ça et de ne pas pouvoir circuler dans de bonnes conditions ni par conséquent de pouvoir passer aisément d’une scène à une autre si un concert ne me plaisait pas fait que je ne suis pas sûre de retourner à Arras pour les prochaines éditions.
  • le système de tickets : c’est un grand classique dans les festivals et chaque fois c’est pénible car ce système n’est pas généralisé à tous les stands. Ici, cela concernait uniquement les boissons (sauf celles du bar à vin). Comme d’habitude, j’ai mal géré mon stock de tickets, et il m’en restait à la fin du festival. Bien évidemment, ce n’est pas échangeable contre des euros, donc voilà comment perdre de l’argent.
  • pas de distributeur de billets : ceci dit, les stands de merchandising et d’échange d’euros contre des tickets acceptaient la CB, donc ce n’était pas trop grave.

Avantages :

  • un site accessible : cela change des festivals perdus en pleine nature où tu es mal si tu n’as pas de voiture. Le système de parkings disséminé dans Arras n’était pas trop mal foutu et c’était relativement bien indiqué.
  • une programmation riche et variée : c’est surtout ça que je retiendrai de ce festival. Il y en avait vraiment pour tous les goûts et pour la plupart, les sets furent de très bonne qualité.

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Auteur:MS

Après avoir sévi sur la blogosphère quelque temps, elle avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus. Et puis un appel à candidatures de la part de la Fille du Rock l'a décidée à sortir de son silence 2.0 pour faire partager son avis sur l'actualité culturelle du moment. Fonctionnant au coup de coeur, ses chroniques sont plus basées sur un ressenti personnel que sur des considérations technico-techniques, puisqu'elle officie ici en tant que simple amatrice d'albums et de films de qualité. Assez éclectique sur le plan musical (ne vous attendez quand même pas trop à ce qu'elle vous parle d'electro ni de musette), elle a un faible pour les voix féminines et lorsqu'elle va au cinéma elle aura tendance à choisir un petit film indépendant plutôt qu'un blockbuster américain.
  1. 24 juillet 2011 à 11:48 #

    je viens de voir ta remarque pour les tickets perdus! ils nous en restaient quelques uns et on a « acheté » des gobelets vides dans un bar que l’on s’est ensuite fait remboursés en euros à la consigne à verre ! (ouai on a bien réfléchi lol!)

  2. 26 juillet 2011 à 14:39 #

    Chapeau, j’avais pas pensé à cette combine ! Je note pour une prochaine fois ;)

Trackbacks/Pingbacks

  1. Top 5 Concerts 2011 - Les concerts de la rédaction | La Fille du Rock - 21 décembre 2011

    [...] Evaline au Main Square Festival : La révélation de ce festival. Beaucoup de guitares qui donnent un son très incisif à ce groupe. Et bien sûr ce qui frappe d’emblée c’est la présence scénique de leur chanteur, qui en plus de ça est généreux, puisque je me souviendrai longtemps de sa séance de dédicaces à la fin du set. J’ai hâte de les revoir pour un concert plus long. [...]

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