[live report] Slum Village continue de porter l’étendard de J Dilla @ Batofar

Slum Village en 2011 c’est un évènement qui avait peu de chance d’arriver mais qui s’est tout de même produit hier soir au Batofar. Après le décès de deux membres, dont le fantastique producteur/rappeur J Dilla, l’un des artistes rap les plus talentueux de sa génération, des problèmes de label et une carrière qui aurait pu être bien plus glorieuse mais restera au conditionnel, réservé aux amateurs du genre, Slum Village continue d’exister sous une nouvelle forme avec dans ses rangs un seul membre originel, le MC T3 accompagné au micro de Illa J, le frère de J Dilla, et aux platines le Dj Young RJ.

Je passe très vite sur la performance bien trop longue du toujours aussi ennuyeux Soulist. Au moins une heure dix d’un mix sans grande saveur a attendre tout en regardant une projection d’un documentaire sur une block party à New York, des performances à vélo et des interviews des artistes David Choe et Sam Flores. A croire que les organisateurs ont préférés garantir leurs arrières pour maintenir l’attention du public en proposant autre chose que ce set d’ouverture pour ouvrir la soirée.

On en arrive donc enfin à Slum Village dont les sourires des deux MC remplissent facilement la scène pour instaurer une ambiance de soirée entre potes. Illa J semble moins à l’aise que son compère dans l’art de s’approprier le public mais il réussit très bien à le conquérir avec une énergie constante de gamin sur son terrain de jeu favoris. Frère de J Dilla, il n’est en pas moins un artiste lui aussi et possède une voix et un flow personnel qu’il me tarde d’approfondir sur son premier album solo que j’ai longtemps écarté. De titres extrait de Fantastic vol. 1 et 2 (Conant gardens, I don’t know, Look of love, Beej N Dem, Go ladies, Get this money…) toujours aussi fédérateur et géniaux qu’à la première écoute et d’autres tirés de leur quatre albums suivant (que je ne connais malheureusement pas encore).

Le line up classique de Slum Village avec T3, J Dilla et Baatin

Bien que le destin de Slum Village soit surtout fondé autour de la présence de J Dilla dans leur rang, au micro et à la production, sur leurs deux premiers albums, les autres titres, ainsi que les deux extraits du prochain album solo de T3, un titre de la mixtape de de Young RJ et un autre du prochain album de Illa J, ne dépareille pas dans la soirée et provoque toujours autant de mouvement de bras et de tête dans le public. Une heure vingt de concert et on s’éclipse. Acclamation du public et retour sur scène pour deux, trois titres supplémentaires. Merci, bonsoir. Excellente soirée mais certain en demande plus. Les applaudissements continuent et finalement le trio revient sur scène. Young RJ avec son matos dans son sac à dos sur les épaules et deux MC encore suffisamment en forme pour donner au public ce qu’il veut.

Le Dj met un peu de temps a se remettre en place donc pour faire patienter Illa J fait monter une demoiselle sur scène et commence a lui chanter un titre en y mélangeant un peu de beat box, très vite épaulé par T3 qui contribue lui aussi à l’instrumental vocale. Le matos enfin en place, un morceau supplémentaire est interprété et tout le monde repart définitivement avec un bon sourire au lèvre. Un concert qui n’aura pas fait mentir la légende d’un groupe de musicien, compagnon et héritier de la mentalité d’A Tribe Called Quest, Pete Rock et De La Soul, pour faire vivre une musique faites de sourire et d’honnêteté.

Cadeau bonus : Un reportage sur la musique de J Dilla avec des interviews de ses proches

« J.Dilla: Still Shining » from B.Kyle on Vimeo.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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