Live Report : Sonisphere France 2011 – Amneville – Jour 2

Allez, c’est parti pour le deuxième jour de cette première édition du Sonisphère France. Comme prévu au programme aujourd’hui le BIG 4 (Metallica / Megadeth / Slayer / Anthrax). Mais bien avant, d’autres surprises et découvertes.

Ce sont les français de Mass Hysteria qui se présentent les premiers sur scène, il y a déjà foule et le ciel a un petit air d’apocalypse naissant. Le groupe, autoproclamé membre du big 4 français (avec Loudblast, Gojira et Bukowski) reste fidèle à sa ligne de conduite : un metal agressif, plein de rebonds et de « rythmes chauds » avec des paroles souvent engagées. Comme ils l’avaient annoncé, c’est sur leur dernière chanson que le groupe rend hommage à Patrick Roy, « président de la république du metal », fervent défenseur de cette musique et du festival Hellfest, disparu trop tôt d’un cancer du pancréas. Le groupe interprète Furia, un morceau qu’ils avaient eu l’occasion de jouer en présence de Patrick Roy à la guitare et au chant lors du festival Métallurgicales de Denain en 2010, festival que le député a lui-même créé et hautement soutenu. En prime, Mass Hysteria lancera un Braveheart afin de clôturer en beauté leur show.

Parmi l’arrière garde du heavy metal, c’est Diamond Head – groupe épique créé dans les années 1980 – qui se présente en ce milieu d’après-midi. Emmené par son créateur le guitariste Brian Tatler,  la formation peut se targuer de figurer parmi les influences de Lars Ulrich et Dave Mustaine, Metallica ayant également repris certaines de leurs chansons tel The Prince ou Helpless. Evènement également, le dernier passage du groupe dans l’hexagone date de… 1983.

Diamond Head by Ugo Schimizzi

Diamond Head by Ugo Schimizzi

Du coup sur scène, bien que les autres musiciens aient été incorporés lors de la reformation en 1990, l’esprit des eighties flotte sur les plaines d’Amnéville, un croisement de Maiden et Saxon évoluant sous nos yeux. Pourtant Diamond Head garde son style à part, qui aurait mérité une plus grande reconnaissance de la scène metal – qui se révelera toutefois bien au courant en reprenant les paroles de leur Am I Evil ?

L’heure du goûter sonne quand les gros méchants de Loudblast montent sur scène. Regards noirs, mines patibulaires (mais presque), Loudblast ne se présente pas vraiment pour faire de la figuration. Dès les premières notes, le déluge de son vient trancher avec les riffs mélodiques de Diamond Head.

Loudblast by Ugo Schimizzi

Loudblast by Ugo Schimizzi

Les premiers rangs – garnis de nombreuses filles – en prennent pour leur grade et semblent s’éclater. Pionniers du death metal made in France, le groupe peut se targuer de faire parti du paysage metal, puisqu’actuellement dans leur 25ème année d’existence. De quoi forger le respect, malgré de nombreux arrangements de line-up.

Peu avant 17h, une première légende – bon ok non, une autre légende, mais la première du Big 4 – entre dans l’arène. L’heure est presque matinale et pour cause, il y a du monde qui se bouscule au portillon ensuite. Anthrax ne se fait donc pas prier, accompagné pour l’occasion par Andreas Kisser, guitariste de Sepultura.

Anthrax by Ugo Schimizzi

Anthrax by Ugo Schimizzi

Au royaume des grands, les géants se bousculent. Avoisinant également les 25 ans de carrière, le groupe aux 10 millions d’albums fait parti des leaders du mouvement trash et ne se priveront pas de le rappeler sur scène. Beaucoup de mouvement, d’activité et des sourires aussi. Car il y a aussi la joie de jouer devant un parterre de 40 000 personnes, le plaisir d’être encore là après tant d’années. En prime, leur charmante reprise d’Antisocial en version anglaise. Bonjour à Trust.

Volbeat a la dure tâche de succéder à la légende. Venu de Scandinavie, acclamés au Benelux et en Allemagne, ayant eu l’honneur de faire les premières parties de Metallica aux Etats-Unis, les ptits gars du nord étaient annoncés comme la formation à ne pas rater lors de ce festival. Bien qu’ayant assisté au concert, j’avoue ne pas vraiment être rentré dedans.

Volbeat by Ugo Schimizzi

Volbeat by Ugo Schimizzi

Le son est malgré tout plutôt agréable, à la croisée du rock, du metal et du folk, leur chanson Sad man’s tongue ayant d’ailleurs un petit air d’une chanson de Johnny Cash. C’est rythmé et rafraichissant – puisque dépourvu de double pédale en continue ? – la voix chaude du chanteur contrastant avec les nombreux beuglements entendus lors de ce festival.

Slayer est le deuxième groupe à rendre leur copie ce samedi. Le groupe, également légendaire pour beaucoup est un des grands qui me laisse en général assez indifférent. Cette fois-ci n’y changera rien, la prestation étant propre mais totalement dénuée de mouvement ni énergie.

Slayer by Ugo Schimizzi

Slayer by Ugo Schimizzi

Un gros son ne fait malheureusement pas un grand concert. Rien d’autre à reprocher au groupe en dehors de ce manque de mouvement, les compositions étant carrées, solides et fort bien exécutées.

S’ensuit une séance photo sur-express de Papa Roach qui s’enchainera sur une attente d’un bon quart d’heure du groupe. Faisant mine d’ignorer ce contre-temps, le groupe arrive au pas de course, plongeant directement dans l’ambiance bouillonnante du Sonisphère. Voix claire et petite envie de pogoter à l’écoute du groupe, carrément motivé et motivant.

Papa Roach by Ugo Schimizzi

Papa Roach by Ugo Schimizzi

Bien que ce ne soit pas particulièrement ma musique de prédilection devant ma chaumière, le groupe me fait passer un bon moment malgré leur set écourté afin de respecter le timing du reste parfait durant les deux jours. Quelques paroles en français, une énergie motivante, un groupe actif malgré un look à tendance fashion émo. Un peu de Incubus, Deftones et Bullet For My Valentine mélangés font de ce groupe californien né en 1993 – déjà – une relève possible dans le champ des grands d’un autre style.

On entre enfin dans le dernier carré et c’est Megadeth qui a l’honneur de figurer dans les meilleures places. Le groupe emmené par Dave Mustaine a vu revenir dans ses rangs depuis l’an dernier le bassiste et membre fondateur du groupe David Ellefson. A la lead guitare, on retrouve Chris Borderick, guitariste entre autres de Nevermore, simplement un virtuose armé de sa six cordes. Homme de scène, il épaule à merveille le groupe et ajoute un plus indéniable à la formation.

Megadeth by Ugo Schimizzi

Megadeth by Ugo Schimizzi

En fond, un étendard immense pourrait être la croisée graphique de Metallica et Iron Maiden. A tel point qu’un mini eddy fait même son apparition sur la fin du set du groupe, de son petit nom Vic Rattlehead. Gros succès pour le groupe acclamé, paroxysme atteint sur la chanson A tout le monde au refrain en français empreint d’émotion. En quelque sorte un prémisse de conclusion de la bonne tenue de ce premier Sonisphère France.

Concernant Tarja, j’avoue ne pas avoir trop compris son positionnement en toute fin de soirée, précédant Metallica. A part à titre de soupape entre deux colosses, du reste à mon avis ignorée par un maximum de personnes tenant à leur place face à la grande scène, Tarja s’apprécie de loin avec des appréciations diverses. Pour ma part plutôt épris de Nightwish lors de leur grande époque, je n’accroche en rien à la version Tarja en solo et ne semble pas perdre grand-chose. Consolation tout de même qui me fera penser avoir vu Nightwish par procuration lors de la reprise de la fameuse chanson de Gary Moore, Over the Hills and Far Away, rappelant tout de même au passage le talent et la maîtrise vocale de Mme Turunen – problème donc au niveau des compos ?

Les minutes s’égrainent… le show de Tarja se finit. 23h sonne, instants d’excitation. La lumière s’éteint. La foule hurle, exulte. Sur les deux écrans géants situés de part et d’autre de la scène se gravent les images du film Le bon, la brute et le truand. Le sample de The Ecstasy Of Gold résonne sur tout le site. Emotions, émotions. Pour ma part, cela fait 4 ans que je n’ai pas vu le groupe. Je ne sais si je dois souhaiter attendre encore autant avant de les revoir, tant la claque que je me suis prise doit prendre le temps d’être digérer. Metallica, non content de proposer 2h30 de concert, un show exceptionnel, millimétré au possible et garni d’effets pyrotechniques à tout simplement proposé aux 45 000 personnes présentes une set-list ahurissante.

Metallica by Ugo Schimizzi

Metallica by Ugo Schimizzi

Entrées sur Hit The Lights, les four horsemen pulvérisent d’entrée la famille Metallica en balançant un Master Of Puppets dès la deuxième chanson. La foule éructe, saute, crie, scande le nom du groupe chéri. La scénographie parfaite fait la part belle aux talents de Mister Hammet, dans un grand soir (comprendre peu de pains et de pouets étranges). James Hetfield en bon front man se pare de ses plus beaux mots pour qualifier toute la joie qu’il a d’être là. Sans être dupe de l’attention précise, on sent quand même une petite pointe de fierté et de plaisir de la part du bonhomme terminant bientôt sa troisième décennie avec le groupe. Seek & Destroy et Ride The Lightning encadrent la mélodique Welcome Home (Sanitarium), avant que le groupe ne s’adonne à un petit The Memory Remains et, plus surprenant un magistral Call of Ktulu. Le public apprécie en connaisseur du cadeau fait et ouvre grand ses yeux, savourant le spectacle à sa juste valeur. One est entonné avec une vidéo pré-enregistrée et quelques explosions, laissant ensuite place à une superbe interprétation, rejoignant le magistral Fade To Black qui m’avait fait défaut au Rock Im Park, et le traditionnel Enter Sandman. Pour le coup le rêve s’achève sur cette dernière note, avant que le quatuor ne reparaisse invitant sur scène Anthrax et le guitariste de Diamond Head pour interpréter une chanson de ce dernier, Helpless. Slayer et Megadeth, en prise avec une grosse tournée européenne ont paraît-il déjà déserté le site et parti rejoindre leur tour bus pour un voyage nocturne.

Metallica by Ugo Schimizzi

Metallica by Ugo Schimizzi

Qu’à cela ne tienne, les survivants se font plaisir et les deux batteurs éclatent leurs fûts avec envie et délectation. Alors que les gros ballons noirs floqués du logo de Metallica sombrent depuis le haut de la scène et s’arrachent entre les mains des spectateurs complètement barges, le groupe entame son baroud d’honneur. Damage, Inc clôture avec énergie le set, James Hetfield s’amusant ensuite à enlever et remettre sa guitare en bandouillère selon les « oooh » mécontents et les « aaaah » appréciés du public. Le James est joueur, sans aucun doute. Chanson d’introduction, c’est ici en outro que le groupe se fendra d’un dernier effort sous le doux nom de Creeping Death. Médiators et baguettes jetées au public déchaîneront encore les passions, les fans se battant pour récupérer les précieux artefacts.

De notre côté, sonnés et groggy, dur dur de faire le bilan.
Une fois la part des choses faites, on saluera une programmation de très grande qualité, des shows millimétrés, un timing incroyablement respecté, un service de sécurité vraiment performant et attentif aux personnes en difficulté malgré l’ampleur du festival.
Parmi les points à améliorer, il est vrai que les accès au site ne sont pas forcément des plus adaptés pour un tel nombre et la qualité du sol a semble-t-il laissé des marques a plusieurs festivaliers.
Quelque peu dépassé par son succès, le festival a également dû abandonner à leur sort de nombreux festivaliers jusqu’au camping, les navettes – prévues en nombre limité – ayant arrêtées leurs rotations une fois l’une d’entre elles prise à partie par une centaine de festivaliers l’ayant…légèrement chahuté.
Rien de dramatique cependant. L’attente de la prochaine édition qui ne pourra que s’améliorer commence donc, déjà prévue sur 4 jours (!!), du 5 au 8 juillet 2012.

les photos du 2er jour du Sonisphere France par Ugo Schimizzi
avec Metallica, Megadeth, Anthrax, Slayer, Diamond Head,
Volbeat, Papa Roach

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Auteur:uGo

Musicien malgré lui depuis l’âge de ses 6 ans, survivant d’une école d’art, plongé à ébullition dans le digital, Ugo par mégalomanie aime bien parler de lui à la troisième personne. Après plus de 3 ans à profiter gratos de concerts et festivals en prétextant y faire quelques photos et un article par-ci, par-là, l’hurluberlu voyageur n’a toujours pas compris que cumuler projets associatifs et bénévoles ne nourrit pas son homme. Qu’importe, le but du recrutement ici était de boire des coups ! Au-delà des pitreries, la musique, l’art et la culture sont ses grandes marottes, et tout projet allant dans cette direction titillera ses sens aiguisés et en alerte (épatant non ?).
  1. 18 juillet 2011 à 10:41 #

    Ça promet !
    Metallica avait l’air énooorme :D
    J’avais vu Voltbeat au Graspop, oui, c’est sympa mais sans plus.
    J’avoue ne pas avoir compris la place de Tarja juste avant Metallica. Un entracte ?
    Et pour Slayer, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu de transmission de sentiments sur scène. Enfin, festoche à suivre l’année prochaine !

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