Voilà, c’est fini. Déjà ? Oui ! Et rien à voir avec Capri et encore moins le titre fadasse de Jean-Louis Aubert. Non, ce qui est désormais fini et malheureusement bien fini c’est cette première édition du Sonisphère France.
Alors bien sûr, les grincheux donnent déjà de la voix parce que leur merguez était mal cuite ou que le soleil tapait fort sur leur crâne. Bien sûr aussi et plus sérieusement, on peut noter quelques défauts, des choses à perfectionner. Mais surtout, on peut dire bravo à toute l’organisation qui elle-même ne s’attendait pas à un tel succès. Près de 40 000 personnes le premier soir, 45 000 le second, avec un site plafonnant à 47 000 personnes, c’est simplement un très beau succès.
Pour ma part, régional de l’étape, j’ai été ravis de pouvoir me rendre à un festival à 20 bornes de chez moi histoire d’y croiser du Metallica, Megadeth, Slipknot ou encore Anthrax.
On rembobine, retour le vendredi 8 juillet dans l’après-midi, alors que trains et routes saturent d’hommes et femmes en noirs, adeptes du cheveu long et du beuglement guttural (après avoir lu l’article presse du journal du coin, je pense pouvoir me permettre les pires clichés !).
La scène (ou plutôt les deux immenses scènes qui se font face) se déroule donc à Amnéville, petite bourgade sympa à 20 km de Metz, au confluent de l’Europe, là où autrefois les nations se foutaient joyeusement sur la gueule. Aujourd’hui, déferlante de sons et pogos au programme, sous un soleil radieux et l’œil bienveillant de centaines d’agents de sécurité, organisateurs et staff ravitaillement.
C’est Evergrey les premiers qui marqueront pour moi le lancement du Sonisphère. Evergrey dont le chanteur déambulera durant les deux jours durant sur le site du festival, la démarche un peu moins assurée vers la fin d’ailleurs. D’origine suédoise, les ptits gars font vaillamment face à une foule déjà bien nombreuse et imposent leur power metal rapidement, multipliant poses et rictus bien dans l’esprit du jour. Ce n’est pas personnellement le coup de foudre, mais le tout est carré – comme du reste tous les groupes qui joueront ces deux jours – et les mecs ont l’air content d’être là. Ca tombe bien, nous aussi !
C’est les si charmants américains de Mastodon qui se chargent de leur donner le répondant sur la grande scène, baptisée Appolo. Très gros son et énorme présence sur scène pour le groupe qui n’en oublie pas pour autant que les mélodies c’est bien aussi dans des compos. Troy Sanders à la fois bassiste et chanteur principal est d’une vivacité folle enchaîne les grimaces les plus improbables. Les rythmiques, techniques, assemblent des partis doom avec des ralentissements prononcés, juxtaposant également des parties vocales gutturales et beuglées à des ensembles au goût prononcé pour le Hardcore (j’apprends par la même occasion que ce fameux assemblage porte le doux nom de Sludge, merci wikipedia !).
La ferveur de la foule s’accentue encore alors que les français de Gojira font leur entrée dans l’arène. C’est une véritable ovation qui les accueille et le public n’a de cesse de scander leur nom. Le groupe, malgré son côté bourrin à souhait, semble ému par tout cet amour. Bah ouais, on peut faire dans le trash / death et être humain malgré tout. Plus sérieusement, Gojira est d’une efficacité monstrueuse et carré en diable. Ils pulvérisent méthodiquement les canaux auditifs de leurs fans comme du reste toute personne présente, prenant soin au passage de faire les zouaves, échangeant grimaces et sourires. Moi qui avait presque passé l’âge de tous ces violents groupes, je redécouvre la crème de la crème. Décidément, la prog’ est quand même bien sympa, même si d’un point de vu personnel, j’aurais vu deux-trois trucs moins hard… mais bon, le public apprécie !
Truc moins hard en question, c’est justement Dream Theater qui est le suivant sur la liste. Pour le coup, exit la double pédale en quadruple croches et bonjour la douce voix enjouée de James La Brie. Dream Theater, c’est tout de même plus de 25 ans de carrière, des copains et des admirateurs parmi lesquels Steve Vai, Iron Maiden ou Metallica, et cinq membres plébiscités pour leur haut niveau technique, John Petrucci, membre fondateur et guitariste de son état en tête.
Dream Theater, c’est aussi la petite histoire houleuse de leur récent changement de batteur, le fameux Mike Portnoy ayant pris la porte faute d’avoir pu convaincre ses petits copains de faire une pause, remplacé au pied levé ou presque par le non moins fameux Mike Mangini. A groupe exceptionnel, membres exceptionnel. Sur scène, le groupe envoie effectivement du pâté. C’est irréprochable (à part quelques petites coupures de son indépendantes de leur volonté), mélodique à souhait et d’une complexité parfois étourdissante. C’est d’ailleurs là tout le dilemme pour les auditeurs de DT. Comprendre les rythmes impaires, les mesures asymétriques, en 5/2 et autres joyeusetés et savourer à sa juste valeur la qualité du groupe, ou tenter de se laisser bercer par la musique et se casser les dents sur des choses inattendues, parfois rebutantes pour certains !
Airbourne mettra tout le monde d’accord, quoi qu’il en soit. Créé il y a 8 ans déjà par deux frangins australiens, le groupe n’échappe pas au niveau du son avec une petite comparaison d’un groupe de légende (je vous laisse écouter pour deviner lequel). Sur scène, c’est « à l’ancienne » que le groupe joue, affichant un mur d’ampli rendant d’ailleurs la place du batteur presque étriquée tant il apparait minuscule !
Au niveau du son et de l’esprit, Airbourne volerait presque la vedette au groupe phare du soir. Surexcités, les trois bretteurs n’ont de cesse de courir de long en large sur la scène, multipliant les exploits à corde – quand ce n’est pas le frérot guitariste qui se prend à grimper au sommet de la scène. Surpuissants, on se dit qu’en fait tous les préfixes en sur pourrait bien leur aller. C’est un show énorme que la bande délivre aux quelques dizaines de milliers de personnes présentes qui n’auront que peu de temps pour s’en remettre.
En effet, Slipknot achève une journée magnifique avec une scène de toute beauté. Décor drapé de noir, instruments des 9 (oui j’ai bien dit des 9) musiciens calés et dotés d’une tonalité « metal », logos du groupe présents tout au long de la scène, l’élément central brûlant tout le long du concert. Slipknot c’est un peu pour moi le groupe commercial par exellence que l’on aimait ou détestait au lycée. Ce soir, ce sera un peu la révélation de showmen complètement ravagés, malgré tout humains et attentifs à ne pas oublier leur camarade récemment tristement décédé, Paul Gray. Les hommages nombreux et répétés connaitront leur paroxisme avec le discours de Corey Taylor en fin de concert. Sur scène, la tunique et la basse de Paul Gray sont présents au milieu de ses camarades.
Question show, le groupe connaît le métier et offre une prestation impeccable, folle, proposant leurs plus gros succès, Duality et People=shit en tête. Visuellement les effets pyrotechniques ajoutent un peu plus à la scénographie ambiante, la présence des membres étant ahurissante, certains dont notamment Shawn – le clown percusionniste – jouant régulièrement les troubles fêtes, tapant, courant, sautant tout au long du show.
Fin d’une première journée en apothéose, devant un public converti et innombrable. Le deuxième jour du Sonisphère réservera lui aussi son lot de surprises, confirmations et joyeusetés, alors…à très vite pour d’autres groupes mais aussi faire le point sur les plus et les moins du festival !
sonisphere france 2011, un album sur Flickr.
les photos du 1er jour du Sonisphere France par Ugo Schimizzi
avec Slipknot, Dream Theater, Mastodon, Gojira, Evergrey
























Ouah lala !!!
J’aurais dû venir ! Voici les groupes que je voulais voir au premier jour du Sonisphère mais ma bourse a dit non, niet, nada…
Bravo pour cet article, je pense qu’il rend raison au festoche en lui-même :)