[Live Report] Staff Benda Bilili à l’Olympia – 11 octobre 2011

Les Triaboliques by Ugo Schimizzi

Plein comme un œuf. Rempli jusqu’à la gueule. C’est ainsi que l’Olympia se prépare à accueillir les congolais du Staff Benda Bilili. Un peu de chaleur dans les cœurs alors que le froid engourdit Paris, un peu de fête, quelques paillettes de

courage, le grand bonheur de voir une nouvelle fois le continent africain se dresser sous l’égide de fringantes figures.

Avant cela, une fois la première partie introduite, trois bonhommes à l’allure mi-punk, mi-tsigane s’assoient sur scène. Guitare, banjo ou mandoline, le trio ne paye pas de mine. Pourtant, certains l’auront noté, le présentateur a énoncé Robert Plant, Led Zeppelin, The Damned, les années 1980. A juste titre.

Les amples rideaux encadrent d’une sombre torpeur le groupe. Mystérieux, rieurs, les hommes s’excusent. « Nous ne parlons pas bien le français ». Sincèrement, qu’importe (et en plus, cette remarque était complètement fausse !). La musique communiera pour eux. Majestueusement. Envolées mélodiques, sursauts de l’Est, influences de l’Orient, voix burinées par les tournées multiples. Les yeux fous roulent dans leurs orbites, les bretteurs tapent du pied, les mains s’agitent. Malgré le jeune âge du groupe et la sortie de leur premier album Rivermudtwilight voilà deux ans, quiconque présent hier soir a bien compris que ces trois-là connaissent leur partition.
Une minuscule demi-heure plus tard, le groupe secoué remercie et nous plutôt surpris d’un telle groupe d’expérience à tiroir restons à peine repus.

Staff Benda Bilili by Ugo Schimizzi

20 minutes « d’entracte offert par l’Olympia » plus tard, des ombres se dressent derrière le pan blanc éclairé. La foule jubile, le Staff est là. Présentations rapides, on se retrouve déjà au coeur du concert, comme si les joyeux bougres jouaient depuis l’aube.
« très très fort » clame modestement leur tournée en référence au nom de leur premier album, sorti en 2009. « carrément énorme » me serais-je permis à leur place.

Est-ce vraiment eux les malades ? Sont-ils véritablement diminués, en fauteille ou se tenant face au public avec des béquilles ? Leurs sourires et leur joie, leur bonne humeur et leur sens du partage me font me demander qui est finalement debout et qui est assis ici. Ces petits hommes de couleurs qui s’impriment sur mon appareil marquent profondément ma rétine et mon âme. Quel spectacle, quelle fougue, quelle envie !
Quel détachement face au corps, quel oubli des règles physiques pour laisser parler leur sens de la musique !
Pas besoin d’en raconter plus, le Staff Benda Bilili est à voir les yeux écarquillés, très très ouverts, les oreilles dressées et l’humeur à la fête.

1h45 plus tard, infatigables, le Staff décide enfin de quitter la scène, laissant des rythmes punk, folk, zouk ou tout simplement entêtants au fond de chacun ayant fait le déplacement ce soir. Paris est un peu moins sombre, un peu moins froid dans la nuit. L’automne se voit comme un chaud manteau, entourant d’un amour paternel la ville lumière, l’opéra brillant de mille feux.

Toutes les photos du Staff Benda Bilili :

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Auteur:uGo

Musicien malgré lui depuis l’âge de ses 6 ans, survivant d’une école d’art, plongé à ébullition dans le digital, Ugo par mégalomanie aime bien parler de lui à la troisième personne. Après plus de 3 ans à profiter gratos de concerts et festivals en prétextant y faire quelques photos et un article par-ci, par-là, l’hurluberlu voyageur n’a toujours pas compris que cumuler projets associatifs et bénévoles ne nourrit pas son homme. Qu’importe, le but du recrutement ici était de boire des coups ! Au-delà des pitreries, la musique, l’art et la culture sont ses grandes marottes, et tout projet allant dans cette direction titillera ses sens aiguisés et en alerte (épatant non ?).

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