Derrière The Pretty Reckless se cache Taylor Momsen, connue pour son look glam-rock sulfureux qui a séduit le milieu de la mode puisqu’elle a notamment été l’ égérie de la marque de vêtements New Look et plus récemment du parfum Parlez-moi d’amour de John Galliano, et surtout pour son rôle de Little J dans la célèbre série Gossip Girl. Forcément comme à chaque fois qu’on entend parler d’un acteur, qui plus
est de série pour teenagers, qui se met à chanter, la suspicion est de mise. Va-t-on avoir droit à une soupe du genre de celle que nous servent les acteurs des séries Disney tels Miley Cyrus, Selena Gomez, Demi Lovato et consorts ? Eh bien en fait pas du tout. Accompagnée des musiciens Ben Phillips (guitare), Mark Damon (basse) et Jamie Perkins (batterie) qui formaient auparavant à eux trois le groupe Famous, Taylor nous sert un rock aux influences 90’s qui rappelle Hole et Veruca Salt (guitares incisives, paroles sombres traitant souvent de désillusions amoureuses, rebel attitude, tout ça tout ça) et je dois dire que le premier album du groupe, Light Me Up sorti en août 2010 a été une vraie bonne surprise pour moi. Evidemment rien de nouveau sous le soleil, mais les morceaux, écrits par Taylor et Ben, sont diablement efficaces, aussi bien les titres énergiques que les ballades. Enfin le principal atout de The Pretty Reckless, c’est bien sûr la voix grave et rauque de Taylor Momsen, une vraie voix de rockeuse à 17 ans à peine. Après avoir visionné quelques vidéos live plutôt prometteuses, j’avais donc hâte de voir ce que ça donnait sur scène.
En arrivant au Trianon ce mercredi soir, je suis soufflée de voir la file d’attente qui se presse pour entrer, composée majoritairement de sosies de Taylor Momsen (eh oui les porte-jarretelles, perfectos et smokey eyes sont de sortie). Une fois entrée, pas de bol, les balcons sont complets, je devrais donc me contenter de la fosse, en compagnie d’ados déchaînés à l’haleine parfumée au mélange kebab-bière, un vrai délice. A part quelques pères venus accompagner leur progéniture (ou se rincer l’oeil devant la jeunette en porte-jarretelles, who knows), j’ai l’impression d’être la doyenne de l’assemblée. La première partie est assurée par Bunny & Cloud, un jeune groupe de pop-rock parisien. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, leur set n’était pas désagréable et le public s’est montré assez réceptif, notamment lorsque Seb, le guitariste-chanteur a annoncé que c’était son anniversaire, mais rien d’inoubliable dans l’ensemble. A noter qu’ils seront le 19 juin au Bataclan pour la finale du festival Emergenza.
S’en est ensuivie une bonne heure d’attente, où j’ai passé le temps comme j’ai pu, en écoutant les conversations de mes voisins pardi, entre comparaisons des différentes héroïnes de la séries Les Frères Scott et énumération des derniers concerts vus. Au bout d’un moment les spectateurs commencent sérieusement à s’impatienter et des sifflets ne tardent pas à se faire entendre. Enfin The Pretty Reckless entrent en scène au son de « Since you’re gone », l’un des titres les plus péchus de l’album. On passera sur les questions existentielles du genre “combien de tonnes de crayon khôl Taylor avait-elle sur les yeux ?” ou “possède-t-elle autre chose dans sa garde-robe que des bas et des porte-jarretelles ?” (réponse entendue dans une interview : apparemment non, car elle affirme n’avoir qu’un seul jean), pour s’intéresser à la performance scénique. Malgré qu’elle soit sans cesse en mouvement sur la scène (au point de perdre son micro puis qu’une bretelle de sa gaine se détache), la voix de Taylor Momsen est posée et juste, pas de déception à ce niveau-là. Pour le reste, elle fait le show, entre les poses lascives avec ses musiciens, bien plus âgés qu’elle, et la danse plus que suggestive qu’elle effectue sur « Goin’ Down » accompagnée par deux jeunes filles du public qu’elle a invitées à venir la rejoindre sur scène et à qui elle aura demandé au préalable d’ôter leur t-shirt…Bon j’avoue que ce genre d’attitude sex provoc m’a laissée de marbre, tout cela paraissant un peu trop calculé pour être honnête. On retrouve bien évidemment les singles “Miss Nothing”, “Make me wanna die” et “Just Tonight”. Le set est rapide puisque l’unique album du groupe ne comporte que dix titres, auquel il faut ajouter l’excellent “Zombie” (rien à voir avec le morceau des Cranberries) ainsi que le medley “Supersonic” (Oasis) / “Time is running out” (Muse), des covers finalement assez insignifiantes qui semblent avoir été rajoutées pour permettre de prolonger un peu le set. Le concert se termine avec « Factory Girl », qui sera suivi de « Nothing left to lose » en rappel semi-acoustique. Seul le titre « You », une gentille petite ballade, n’aura pas été joué.
Un bon concert dans l’ensemble, mais qui sent quand même la machine bien huilée, sans part d’improvisation. Cette impression est sans doute due à un manque de maturité car je ne pense pas que The Pretty Reckless ne soit qu’un vulgaire coup marketing savamment orchestré par la maison de disques, contrairement à ce que j’avais pu croire au début. Taylor Momsen aime la musique rock, cela se sent, et a un réel talent aussi bien vocalement que sur le plan de l’écriture. On verra avec le deuxième album si le groupe est à même de s’inscrire dans la durée. En attendant, vous aurez la possibilité de les (re)voir sur scène le 1er juillet dans le cadre du Main Square Festival à Arras, et bien entendu, La Fille du Rock sera dans la place pour couvrir l’événement !



















C’est vrai qu’elle assure pour son jeune âge, hâte de la voir au main square ! Au trianon, j’aime bien cette salle, j’imagine l’ambiance haha !
C’est ça, c’est certainement un manque de maturité concernant le sens de l’improvisation mais elle ne semble pas très spontanée dans l’ensemble, la Taylor. Enfin ,c’est l’idée que je me fais quand je visionne ses interviews. Mais c’est probablement une question de temps…