Voilà, c’est fait. C’est un peu ce que les 5000 spectateurs sortant du Zénith de Paris vendredi ont pu se dire. Certains pleuraient, d’autres traînaient çà et là hagard, d’autres encore rigolaient ou continuaient à brailler « We Are X ».
Depuis leur formation en 1982, X Japan, groupe phare de Metal/Visual Key japonais, n’était jamais passé en France (ni dans beaucoup d’autres pays d’ailleurs). Un concert fantôme ici-bas pourtant fut annoncé à maintes reprises puis annulé. En guise d’amuse-bouche, le groupe était passé l’an dernier jouer quelques titres lors d’un showcase, promettant une nouvelle fois un vrai concert sur le sol français.
Ce concert, c’était donc pour ce 1er juillet. Jusqu’au dernier moment, le doute plana sur sa tenue.
Celui-ci démarre finalement vers 21h, sans l’ombre des fameux « plus guest » prévus en première partie. Entre temps, fosse et gradin eurent le temps de hurler et patienter, un furieux énergumène haranguant les foules et les encourageant à répondre « X » à ses « We Are ? », formant des X avec leurs bras ou tout objet luminescent. Pas de doute à ce niveau, le public est là en connaisseur et attend de pied ferme le groupe.
Personnellement, j’attendais beaucoup de ce concert, X Japan ayant été pour moi il y a une petite dizaine d’années un des groupes tournant en boucle dans mes enceintes. Pour avoir auparavant jeté un œil sur la setlist de Londres, je ne m’attendais pas à beaucoup de titres ni à retrouver Week-end ou Forever Love. Une petite photo de la set-list scotchée sur la scène du zénith plus tard me conforte dans cette idée. 8 chansons, 2 rappels, un Forever Love en musique de fond pour se dire au revoir et au dodo. Avec les pauses et les transitions, vingt minutes d’entracte, on arrive à un petit deux heures.
J’avoue aussi en relisant mon live report, que je suis assez critique. Il faut dire que j’attendais tellement de ce concert (un peu trop ?). Alors si vous voulez éviter les commentaires négatifs d’une partie de moi un peu déçue, sautez quelques paragraphes pour les aspects positifs !
Niveau son, c’est un peu la grosse claque, mais pas comme je l’espérais. Son sur-saturé, beaucoup trop fort et un écho étrange sur la voix de Toshi et la guitare de Sugizo (le remplaçant de Hide). Résultat, de nombreuses personnes se bouchent tant bien que mal les oreilles et les soli passent à la trappe. Au fond, un écran projette tantôt les flammes numériques les plus immondes que j’ai pu voir, tantôt une boule à facette assez ridicule. Pourtant, sur scène, plusieurs personnes filment le live (éventuel dvd ?). Une retransmission aurait été la bienvenue. Ou simplement un fond noir finalement…
Visuellement toujours, sur scène, Toshi et Yoshiki le batteur font si bien le show que Pata le guitariste rythmique et Heath le bassiste se retrouvent pas mal éclipsés, visiblement pas très concernés par la grande messe du soir. Sugizo, maniéré au possible, fait son travail sans toutefois égaler la virtuosité de Hide, exception faites de ses partitions au violon simplement admirables (par contre le sample mode bouilli derrière, pourquoi mais pourquoi ?!).
Etrangeté du soir, Kurenai est proposé dans une version anglaise, alors que le groupe s’adresse régulièrement à la foule en japonais. A ce sujet, je pense que le public était à ce point composé d’afficionados du groupe et du Japon en général qu’une personne sur quatre ou cinq devait saisir ce que les membres disaient.
Dans le registre « fan aigri et un peu déçu », je me permettrais de rajouter également les nombreux pins de Yoshiki au piano, son attitude torturée frisant parfois le ridicule et l’absence de solo explosif à la batterie. On notera aussi l’apparition durant deux secondes de la jolie guitare qui n’avait rien à faire là tandis que la foule reprenait Endless Rain en chœur. Enfin, moment le plus WTF du concert, le groupe se prenant en photo dans toutes les positions possibles sur scène tandis qu’une bande son de Forever Love achève les fans les plus émotifs.
Bon, tout ceci étant dit, c’était quand même X Japan. Silent Jealousy c’était juste beau, X c’était plus simplement la communion tant attendu public-groupe, Toshi a quand même très bien chanté et mis l’ambiance que l’on pouvait attendre, Yoshiki a fait l’effort de blablater en français (même si parfois j’ai pas tout suivi le pourquoi du comment du « je t’aime chéri »), les 3 morceaux les plus récentes Jade, I.V et Born to be Free passent plutôt pas mal en concert et Endless Rain repris par tout ce petit monde qui composait le Zenith c’était un peu le moment le plus magique du concert. Le duel piano/violon était de haute volée et bienvenue, le classique faisant depuis quelques années une partie assez osée et voulue dans X Japan. Au rang des bonnes surprises, voir Yoshiki se faire deux petits slams dans le public m’a bien fait marrer, surtout la sécu essayant de le reprendre aux hordes frénétiques vénérant leur idole (bon et tentant d’en récupérer un petit bout aussi).
Le deuxième mouvement d’Art of Life en conclusion était beau, lui aussi, le quart d’heure interprété transportant bien son monde.
Au final, mon sentiment est mitigé. Bien sûr, je suis heureux d’avoir vu X Japan, depuis le temps que j’attendais ça. Bien sûr, certains moments m’ont littéralement transporté, et le public avec. Bien sûr, 5000 personnes qui chantent en chœur en japonais, c’est beau. Mais j’aurais aimé un peu plus de ferveur, de « laisser aller » dans la prestation du groupe qui donne un peu le sentiment d’avoir « fait le boulot » sans mesurer tout à fait la portée de leur « premier concert en France ».
Finalement, peut être que le groupe ne s’apprécie à sa juste valeur qu’au Japon devant pas moins de 80 000 personnes ? C’est ce que je leur souhaite de remplir en tout cas pour leur prochain passage dans l’hexagone et une folie démesurée.



















A retrouver sur le site ci-dessous un très bon enregistrement du solo violon/piano et de Kurenai, qui me fait juste penser que le concert était quand même chouettement bien :)
http://kyussqotsa.com/perso/musique/x-japan-1-juillet-2011-zenith-paris.html