Astronaute ou pompier. Les flammes ou le néant. Les rêves de gosses se nourrissent de ce qui nous fait peur, de ce que l’on veut affronter et de ce que l’on veut dépasser.
Dépassé aussi les rêves de voyage spatiale depuis que la NASA a mis fin à tout projet de voyage. Des rêves de gosses qui s’éteignent comme autant de paires d’yeux qui devaient être rivés sur leur écran de télévision quand le premier homme a marché sur la lune. Un souvenir de télévision que nos parents et nos grands-parents partagent. Chacun se souvient d’où il était quand il a vu ces images pour la première fois. Ce souvenir commun de leur génération fut un rêve tandis que pour nous ce fut le 11 septembre qui se figea dans nos mémoires collectives comme un instant dont tout le monde se souvient.
Les rêves et le terrorisme, le monde de Planètes le connait aussi. Dans l’espace, trois employés d’une petite station de débris spatiaux travaillent a nettoyer le néant pour permettre aux navettes de voyager sans encombre. Parmi ces trois héros, Hachirota Hoshino rêve d’avoir sa propre navette et pour cela il a déjà un plan de carrière de prévu et toute l’énergie pour y arriver, reste à savoir comment.
De chapitre en histoire, la vie quotidienne et l’existence de ces trois héros se déroulent et nous permet de prendre conscience de la réalité dans laquelle vivent ces nettoyeurs de l’espace aux aspirations individuelles bien particulière. Fi, une jeune femme au tempérament d’acier ne demande qu’une chose, qu’on la laisse vivre comme elle l’entends. Quand à Yuri, sa vie s’est interrompu lors du décès de sa femme dans l’explosion d’un navette dans laquelle il voyageait tout les deux. Maintenant, il doit refermer cette blessure et continuer a exister ou prendre le risque de se perdre dans l’obscurité spatiale.
Si le dessin de Makoto Yukimura (Vinland Saga) ne propose pas un régal pour les yeux, ses personnages et sa connaissance de l’univers dans lequel ils évoluent en fait un auteur très agréable à lire. Les structures futuristes ne prennent pas le pas sur l’humanité qu’elle interroge dans sa quête de ressource lunaire pour alimenter en carburant la Terre et son désir de voyage interplanétaire. La course aux carburant que nous connaissons aujourd’hui prend une dimension bien similaire dans ce manga. Les combattants écologistes prennent la forme d’une groupuscule terroriste appelé Star World Guardians pour qui la conquête de l’espace ne doit pas continuer.
De leur côté, nos héros vivent et bossent avec chacun leurs ambitions mais ceux-ci sont très vite se frotter à la vision de ces activistes. A un rythme plus rapide qu’il n’y parait, Yukimura introduit doucement ses problématiques sous couvert de la vie quotidienne d’une banale équipe de nettoyeurs spatiales pour prendre progressivement de l’ampleur et faire de la vie de chacun une illustration d’un plus grand problème ou d’un questionnement sur le destin de l’humanité dans l’espace et du travailleurs de ces voyageurs intergalactiques appelés cosmonautes dont la profession n’est plus réservé à une élite mais à une vaste catégorie de rêveurs et de personnages plus pragmatiques.
Une histoire en quatre volume dont on ne peut prédire la fin sinon qu’elle nous portera bien au delà de la maigre portée de nos yeux. De quoi donner envie de tourner les pages.
Les différents volumes de la série sur le site de l’éditeur Panini Manga



















