Comme chaque année peu ou prou à la même période, on a droit à notre dose de Woody Allen. Le film est très médiatisé chez nous car d’une part il a été choisi comme film d’ouverture de la 64eme édition du Festival de Cannes qui a lieu en ce moment même, d’autre part, comme son titre l’indique, il a été tourné dans notre chère capitale. Enfin notre First Lady à nous, Carla Bruni, y a un petit rôle.
Il convient tout d’abord de rappeler le pitch car pour ceux qui ont vu la bande-annonce, sachez qu’elle n’est en aucun cas représentative du film, tout du moins elle en occulte un aspect primordial : un couple d’Americains, Gil et Ines (interprété par Owen Wilson et Rachel McAdams) se rend à Paris pour une sorte de pré-voyage de noces, accompagnant les parents de Madame venus pour affaires. Très vite, deux camps se forment : Gil, un auteur de scénarios en vogue à Hollywood ayant décidé de se reconvertir en écrivain, est enchanté par la ville lumière et aimerait même s’y installer, tandis que sa fiancée ainsi que ses parents sont beaucoup plus prosaïques et profitent de leur séjour pour faire des dégustations de vins et courir les antiquaires à la recherche de fauteuils à 18000 €. S’ajoutent à cela un couple d’amis d’Ines, un genre de monsieur et madame je sais tout totalement exaspérants. C’en est trop pour ce pauvre Gil qui aimerait pouvoir tranquillement profiter des charmes bohêmes de Paris. Un soir, en rentrant légèrement alcoolisé à son hôtel, comme le lui avait prédit sa chère et tendre il se perd le long des quais. Minuit sonne, et soudain apparaît une étrange vieille voiture dont les passagers l’invitent à monter et à boire du champagne en leur compagnie. Il atterrit alors dans une soirée où il rencontre Zelda et F.Scott Fitzgerald et Hemingway. Euh oui bien sûr. On croit d’abord à un rêve alcoolisé. Et puis non, en fait tous les soirs à minuit, Gil, sous-couvert de trouver l’inspiration pour son roman lors de ses balades nocturnes, s’échappe dans un autre espace-temps : le Paris des années 20. Il va peu à peu tomber amoureux d’Adriana (jouée par Marion Cotillard), qui est alors l’égérie de Picasso après avoir été celle de Modigliani. Suite à ça, il va complètement se remettre en question.
J’irai droit au but : je n’ai pas aimé. Mais alors pas du tout. Pourtant je ne fais pas partie des allergiques aux délires alleniens et à la logorrhée verbale qui va avec. J’ai beaucoup aimé Tout le monde dit I love you et plus récemment Whatever works, par exemple. Dès le générique de début, j’ai craint le pire : en effet, on a droit à une suite d’images de divers célèbres lieux parisiens, dignes d’un guide touristique. De la part d’un réalisateur tel que Woody Allen, je m’attendais à un regard un peu moins cliché. Il ne manquait plus que le béret, la baguette de pain, le camembert et la bouteille de rouge pour que le tableau soit complet. Et la suite n’a pas été en s’améliorant. J’aime les films de Woody Allen avec des héros névrosés, parfaits reflets de leur époque. Mais le plan du retour dans le passé, je n’ai tout simplement pas adhéré. Les rencontres avec tous les artistes de la Belle Epoque sont assez plates et n’apportent finalement pas grand chose. Par ailleurs, comme souvent, lorsque ce n’est pas Woody Allen qui joue le personne principal, on peut être sûr que l’acteur essayera de faire du Woody Allen. Owen Wilson ne déroge pas à la règle, mais on ne peut pas dire que ce soit une franche réussite. Bon de toute façon, sur ce sujet je ne serai guère objective, car j’avoue que je ne supporte pas cet acteur, je crois que c’est physique. Je lui trouve l’air constamment niais et ce n’est encore pas ce film qui me fera changer d’avis.
Si les parties nocturnes du film ne m’ont pas convaincue, a contrario les parties diurnes sont les plus divertissantes. A mon sens, les meilleurs moments du films sont les scènes avec les parents d’Ines, des beaufs américains dans toute leur splendeur, ainsi que celles avec Paul, notamment la scène jouissive où Gil parvient à lui clouer le bec en lui disant que son explication des relations entre Rodin et Camille Claudel est erronée. Sans vouloir dévoiler la fin du film, il est évident dès le départ que le couple Gil/Ines n’a pas lieu d’être car comme Gil le dit lui-même, ils sont d’accord sur des détails mais en aucun cas sur les choses importantes. Quant à la prestation de Carla Bruni, RAS, son rôle étant plus que mineur.
Je ne suis absolument pas rentrée dans le film, le thème de la quête de l’Age d’Or et de la sempiternelle question “n’était-ce pas mieux avant ?” n’ayant guère trouvé d’écho chez moi. Mais tout le monde n’est pas de mon avis, et je laisse la parole à Moon Câlinh qui, elle, va vous donner envie d’aller voir le film :
Avant de donner mon avis positif du film, je tiens à préciser que c’est la première fois que je regarde un film de Woody Allen (oui, oui je sais, j’ai certainement manqué quelques chefs d’oeuvres passés du maître…). Donc niveau point de vue, je n’ai pas eu la possibilité de le comparer avec d’autres films de ce réalisateur.
Bon revenons à nos moutons ! Ayant visionnée la bande annonce, je suis restée assez sceptique, « encore un film sur Paris, avec du « so cliché », me suis-je dit.
Et finalement, en arrivant au ciné, ayant raté la séance du film que je devais voir (Priest), je me suis laissée emportée à visionner ce film. Je vous avoue qu’au final, je ne regrette en aucun cas mon choix.
Bon l’intro est effectivement « so cliché », musique à la « french cheese », pendant je ne sais combien de minutes, on nous montre les quartiers so chic de paris (champs Elysées, Montmartre, opéra…), cela tourne en boucle, je me dit « mouais, mouais, ok », on va patienter.
Puis apparaissent le couple « made in usa » représenté par Inez (Rachel McAdams) et le charismatique Gil (Owen Wilson). Depuis “Zoolander”, je vous avoue que j’adore cette acteur, et surtout sa mimique du mec « étonné » et bouche en coeur en prime. Il n’y'a qu’à voir son dernier film comique « Bon à tirer », que je vous conseille vivement si vous ne l’avez toujours pas regardé !
Contrairement à MS, j’ai trouvé la rencontre des différents artistes vraiment amusante voire totalement délirante notamment celle jouée par « Adrien Brody » en Salvador Dali (un autre acteur que j’apprécie beaucoup aussi). J’en ai même eu les larmes aux yeux !
En effet, on se laisse emporter, au gré des rencontres d’antan, on se demande sur quel artiste on va tomber !
Tout cela est tourné à la manière d’un voyage, un peu onirique avec une dose d’humour, des personnages charismatiques et attachants. On se sent bien et on n’en perd pas une seconde. D’ailleurs je n’ai pas vu le temps passé. Woody Allen a voulu donner à Paris, un air de fantaisie et de magie que certains je pense ont déjà pu ressentir. Ce sentiment où tout peut arriver.
Un petit clin d’oeil pour le choix inattendu de Gad Elmaleh super pas crédible en détective privé qui nous montre bien que Woody Allen sait nous surprendre avec un casting pour le moins que je puisse dire 4 étoiles.
J’ai trouvé intéressante la réflexion sur la mélancolie. On est obsédé par le passé car en réalité on n’accepte pas notre présent. C’est une sensation un peu perverse parce qu’elle nourrit un certain fantasme qui ne s’exaucera peut-être jamais. Et cet état peut nous empêcher d’avancer dans la vie. “Est-ce que c’était mieux avant ?”.
Au final, les parties « so cliché » sont indispensables et explicables dans le film, car je pense que cela montre le point de vue de ce que certains touristes américains ont lors d’un séjour dans la capitale.
A la fin, je suis ressortie du film avec le sourire et quelque peu fière d’être fraîchement parisienne. Oh que oui que j’aime Paris.



















Moi non plus je n’ai pas aimé, pour les mêmes raisons que toi ! Je l’explique ici http://lesbottinesrouges.over-blog.com/article-minuit-a-paris-pas-une-franche-reussite-73947662.html
Ah et bien je suis soulagée car ce film semble avoir été encensé partout ! ok j’irai lire ta critique :)