My Major Company se met à la bande dessinée

Si vous êtes déjà adepte du mode de fonctionnement de My Major Company, vous êtes surement au courant qu’une nouvelle branche de cette entreprise se consacre maintenant au financement de projet BD. Pour les autres, dont je fais parti, voilà le principe : vous donnez de l’argent, une somme à partir de dix euros, et vous participez à la création d’un disque et à lancé la carrière d’un artiste. 100 000 euros sont nécessaires pour financer le disque, vous ne serez donc pas seul dans cette aventure. Par contre, une fois l’album financé, vous percevrez une part des revenues récoltés proportionnel à votre placement initiale. L’offre de My Major Company permet un retour monétaire aux personnes qui auront financés le projet, contrairement à Kickstarter, son équivalent américain, pour qui les dons sont récompensés par un exemplaire de l’objet financé, ainsi que d’autres cadeaux plus ou moins exceptionnel en fonction de la somme initiale.

Après avoir lancé la carrière de Grégore dont le succès à légitimisé l’existence de MMC comme un projet économique valable, à défaut d’être artistiquement différent de ce qui est produit par les majors, et une collaboration en 2010 avec les éditions XO pour My Major Company Books, l’entreprise passe à la bande dessinée en collaboration avec le groupe Dargaud (Dargaud, Dupuy, Le Lombard) en octobre 2011. La logique derrière l’initiative étant qu’avec un total de 5000 nouveautés en bande dessinée, pour la France uniquement, il est devenu plus facile pour des créateurs de trouvé un éditeurs que pour une bande dessinée de trouver des lecteurs. Ainsi, en proposant d’abord à des lecteurs potentiels de devenir éditeurs, ont permet au projet d’avoir un public avant même d’être publier. Un concept très similaire à celui de Manolosanctis, si ce n’est que MMC sélectionne les projets qui seront financés en amont, tandis que son concurrent donne à sa communauté de lecteur ce choix.

La place des édinautes (déjà 200 000 personnes), car tels elle est le nom des membres de MMC BD, est donc de faire la promotion de l’oeuvre en construction dans leur propre réseau, mais aussi de donner leurs avis sur l’élaboration du projet en discutant avec les auteurs, et même en votant pour le choix de la couverture qui est ensuite validé, ou non, par les éditeurs. Il ne s’agit donc pas d’embrasser totalement le concept communautaire mais de faire participer le public à un projet déjà bien entouré par des professionnels du livre. En retour, les édinautes recevront eux aussi une somme proportionnelle à leur mise de départ en fonction des profits générés par les ventes de l’album, ainsi qu’une version électronique du volume financé (1) (un bon point noir, on aurait espéré au moins une version papier).

Les auteurs ne s’en plaignent pas, bien au contraire, puisque pour un scénariste comme Nicolas Moustey, auteur de Axel Rock avec le dessinateur Pierre Loyvet, c’est une source de motivation qu’être autant lu avant même la parution du volume (100 000 visionnages vues total pour ce seul projet) prévu pour le 20 Janvier. Les aventures de ce groupe d’enfant parti former un groupe de rock dans l’espace (une histoire décrite comme « du space opera façon Club Dorothée ») verront le jour avec la nouvelle année avec des histoires très différentes comme Le Roi du Ring, une histoire de catch par Dimitri Gigault et Julien Rolland, La Fille de l’eau de Sasha Goerg, un récit intimiste et personnel, et le Chômeur et sa belle de Jacques Louis, une histoire humoristique, le premier projet a avoir été complètement financé par les édinautes.

Il est possible à des auteurs de s’inscrire et de présenter leurs projets sur le site, mais seul les séries sélectionnés par Dargaud seront ouvert au financement public. En revanche, grâce à un partenariat avec la FNAC, un coup de coeur sera sélectionné parmi tout les albums en cours. C’est toutefois là le plus gros défaut de MMC dans sa démarche car même si le site est ouvert à tout les talents, seul ceux qui rentrent dans la ligne éditorial du groupe Dargaud seront publiés. On se retrouve donc dans le même cas de figure qu’avec le financement de Grégoire, une sélection qui ne va que dans le même sens que le marché actuel et ne permet pas le financement d’oeuvres et d’auteurs à part (du moins pas parmi les titres que j’ai pu voir, sans critiquer la qualité du travail fournis).

L’inscription au site est réservé au plus de dix huit ans, mais cela ne vous empêche pas de permettre à des plus jeunes de participer à cet entreprise puisque des titres comme Axel Rock ou le Roi du Ring leurs sont plus destinés, et il est donc normal qu’il puisse avoir leur mot à dire aux auteurs. C’est d’ailleurs ce seul point positive que je retiendrais de tout le projet car si le financement de projet n’est pas une nouveauté, et que l’encombrante ligne éditorial de Dargaud empêche MMC BD de se différencier par son offre, le dialogue entre les auteurs et leur public est une innovation lancé par les blogs BD qu’il était temps qu’une maison d’édition prenne en compte.

(1) L’une des éditrices a toutefois précisé que cela pouvait changer à l’avenir, en fonction des sommes engagés.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 3 janvier 2012 à 15:55 #

    Je rapprocherais plus le fonctionnement de MMC BD de celui de Sandawe que de celui de Manolosanctis.

    A la différence que Sandawe semble vouloir récupérer des projets rejetés (ce qui ne veut pas dire mauvais), là ou MMC BD propose (pour le moment) de co-financer des projets déjà accepté.

  2. 4 janvier 2012 à 14:17 #

    Je ne connaissais pas Sandawe, merci de l’avoir mentionné.

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