[PIFFF] The Innkeepers, un besoin de terreur non assouvi

On joue se faire peur en allant au cinéma ou en se cachant derrières les portes tandis que d’autres en font leur commerce en réalisant des films ou en sautant sur des inconnus dans des maisons hantés. Dans The Innkeepers, Ti West (House of the devil) mélange le tout à l’aide deux sympathiques employés d’un hôtel au bord de la fermeture qu’ils tentent de sauver en filmant et en enregistrant toutes traces de la présence d’un fantôme. Motivé par l’ennui et la quasi absence de client, Claire (Sara Paxton) et Luke (Pat Healy) parcourent les couloirs armés de leur micro et d’une certitude, un meurtre sordide a eu lieu ici-même et sa victime hante encore les lieux.

A mon avis, le succès d’un film d’épouvante repose autant sur les qualités du film à surprendre que sur la volonté du public à se laisser aller. Avec un public tel que celui du Paris International Fantastic Film Festival, l’attente et la difficulté de surprendre l’auditoire était très grande quand chacun guette le coin de l’écran en s’attendant à ce quelque chose surgisse de derrière les personnages dès que la musique évolue vers des sonorités lancinantes.

Le jeu pour Ti West était donc de surprendre son public après avoir réalisé ce que certain appellent l’un des meilleurs films d’épouvante de ces dernières années, The House of the devil (jugement émis à la fois par l’un des présentateur du film et par le présentateur de l’excellent Black Room qui se trouvait à mes côtés). Sans avoir ce fameux chef d’oeuvre, je présume toutefois que The Innkeepers est une sorte d’opposé, et par la même occasion de demi réussite, à ce nouveau monument de la frousse.

Contre toute attente pour un film vendu comme une histoire de fantôme, les deux protagonistes èrent dans l’hôtel en attendant de rencontrer un spectre qu’ils n’arrivent pas a dénicher. De fausses surprises en plaisanterie, ce qui devrait être une ambiance de terreur évolue doucement vers un point d’interrogation massif que l’on ne cesse de croiser à chaque détour que prends le scénario. L’actrice sur le retour est elle véritablement capable de communiquer avec les esprits ou est-elle une simple alcoolique? Cette histoire de fantôme n’est-elle pas seulement une manière de tromper l’ennui pour nos deux employés? La bande annonce promettait de la tension et de la frayeur, le film ne nous délivre finalement que beaucoup de question et un final dont l’intérêt est étouffé par le manque de tension que l’histoire n’a pas accumulé à cause de trop nombreux détours et faux semblant distrayant mais jamais effrayant.

Les qualités de The Innkeepers sont toutefois nombreuses. L’interprétation des deux employés ennuyés sonnent juste et l’on peut aussi se réjouir de voir un personnage principal féminin existé par elle-même sans avoir besoin d’être collé à son acolyte. Ti West est sans nul doute un très bon réalisateur et ses quelques passages à la steady cam fonctionnent très bien d’un point de vue uniquement visuel. Le problème vient, a mon sens, du scénario, trop occupé a déjouer les attentes des spectateurs pour atteindre le but recherché d’un bon coup de frousse ou d’une terreur glaçante. Demi échec ou demi réussite, The Innkeepers n’en demeure pas moins un film sympathique, preuve des capacités d’un réalisateur a surveiller.

Film projeté au PIFFF le samedi 26 Novembre. Aucune date de sorti française de prévu.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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