« Meilleur film de zombie de l’année » annonce la citation du London Lite en couverture du DVD, meilleur film de zombie que j’ai jamais vu en ce qui me concerne. En tout honnêteté, je dois quand même admettre ne pas avoir vu énormément de film dans le genre. Les zombies me font peur. Oui, vraiment peur. Je me sens mal à l’aise devant ces monstres classiques de l’horreur pour ce qu’il représente. La déshumanisation, la perte d’humanité par la disparition de l’esprit au profit d’un mode de fonctionnement en ruche. Tous dans un sens, pas de réflexion, juste un besoin à assouvir. Ce sentiment d’horreur est toutefois généralement remplacé par un dézingage jouissif de tout ce qui bouge à coup de tronçonneuse, de pince à linge et de chaises pour bébé. Tout ce qui tombe sous la main peut servir d’arme pour endiguer le flot grandissant et jamais tari de mains affamés.
Ces même mains en couverture du DVD semble annoncé la couleur, celle du rouge sang qui maculera bientôt l’intégralité du décors, alors qu’il n’en est finalement rien. Pontypool, contrairement aux films de zombie pondus par George Romero ces dernières années, ou Brain dead, dans le genre outrancier et comique, ne repose pas sur le déluge de violence et de gore. Les zombies en eux-même ne sont pas la source de l’horreur, mais leur description par leurs futurs victimes cause l’effroi.
Le trio de personnages, une employée de la station de radio locale, Sydney Briar (Lisa Houle), ancienne soldat revenue d’Afghanistan, sa directrice, Laurel-Ann Drumond (Georgina Reilly) prise entre les besoins de ce petit bout d’onde sur lequel repose la transmission de l’information à toute la ville et l’ambition d’un nouvel animateur, Grant Mazzy (Stephen McHattie), viré d’une grande station de radio, et récemment embauché dans ce petite patelin de Pontypool dont il ignore tout et dont il ne veut rien savoir. La journée commence normalement mais très vite les appels d’auditeurs décrivant des foules s’attaquant à tout sans signe d’une quelconque motivation instaure un climat de peur, face à une menace dont tout le monde ignore tout des raisons.
La tension monte alors. Elle monte. Elle monte. Elle ne redescends pas. Les zombies sont là, vous le savez mais les héros n’ont aucune idée de ce qui se passe dans leur ville. Que faire et qu’elle est la raison de cette épidémie? La jacket en dit un peu trop sur la question, mais le savoir ne vous épargnera pas de rester vissé sur votre siège a retenir votre souffle en écoutant attentivement les descriptions d’horreurs. Le huit clos se déroulant dans une station de radio, le rapport à l’extérieur passe donc par les descriptions. Ne rien voir et tout imaginer. Alors que l’image du zombie est maintenant éculé au possible après avoir été montré et éventré en tout sens, il reste encore l’imagination pour rendre ce phénomène plus effrayant que jamais.
Le charme et l’horreur ne monterait cependant pas avec autant d’efficacité si les acteurs n’étaient pas aussi bien dans leur rôle. Dès l’introduction du film, la voix de Grant Mazzy occupe tout l’espace et vous fascine instantanément. Inquiétant et rassurant à la fois, l’homme possède l’espace sonore et physique avec une présence d’américain près à tout pour survivre. Les deux personnages féminins ne sont pas pour autant en reste et ne campent pas des stéréotypes de bonnes femmes apeurés et bonne à rien. Si il y a un cliché, Tony Burgess (scénario, dont c’est le premier), et Bruce McDonald (réalisateur, surtout connu pour avoir travaillé sur de nombreuses séries télévisés), les évite ou les renverse violemment.
Le rythme ne s’accélère pas et conserve une atmosphère de terreur, depuis la première scène jusqu’au générique de fin où les évènements continuent de se développer. L’une des force du scénario est aussi d’expliquer, du moins partiellement, les raisons autour de ce cauchemar. La menace ne repose donc pas juste sur l’envie de survivre mais sur la recherche de clé du mystère. Seul les dernières images vous permettront de sourire, juste après le générique, avec une petite scène décalée et reposante pour ces personnages que l’on découvre et adore très vite. En partageant ce cauchemars, leur souffrance deviendra la votre et leur peur glissera de leur bouche jusqu’à vos oreilles. Un film regarder et surtout à écouter attentivement.

















je viens de voir ce film en DVD. Je partage l’enthousiasme général.