Red, White & Blue – une critique sobrement trash de la société américaine

Voilà encore un film bien tordu. Red, White & Blue c’est une grande claque de normalité et de férocité : le quotidien monotone des 3 protagonistes est aussi linéaire que leur rencontre est cruelle et brutale. Et pourtant, on n’a jamais l’impression d’être dans la surenchère, au contraire, cette histoire est si sobrement traitée que l’on s’y projette très bien. Comme quoi, les annonces vantardes en début de film, du type « tiré d’une histoire vraie« , ne sont pas indispensables pour nous faire totalement plonger dans un conte morbide…

L’histoire : vengeance contre vengeance

Red, White & Blue (en référence au drapeau américain), raconte le destin croisé d’Erica, la nymphomane, Nathan, le vétéran de la guerre d’Irak, et de Franki, le looser du coin persuadé qu’il percera un jour dans la musique.

Erica, totalement blasée et désabusée (parce qu’elle a été abusée étant enfant), fait connaissance un à un avec les mâles du quartier et des environs. Certes elle est nymphomane, mais avec des principes : « je ne couche jamais deux fois avec le même mec ».

Elle se lie d’amitié avec Nathan, son voisin et collègue plutôt discret et renfermé, un peu mystérieux aussi, qui lui annonce d’entrée de jeu qu’étant enfant, son petit plaisir était de torturer des animaux.

Enfin, Franki et sa bande de zikos crasseux rêvent d’une tournée en Europe, forts des 1000 copies qu’ils ont vendues de leur CD.

Erica va s’envoyer en l’air avec Franki et lui refiler le sida, lequel va le refiler à sa mère malade (il lui donne son sang depuis des mois). Franki refuse d’admettre la moindre part de responsabilité et face à sa vie qui bascule, il choisit d’entrer Erica avec lui… Mais c’était sans compter sur Nathan qui est prêt à tout (vraiment tout), pour la retrouver.

Ce que j’en ai pensé

Comme dit en introduction, le film est criant de vérité. Tout d’abord parce qu’il dépeint de manière très crue la vie merdique de nos trois « héros », perdus dans leur trou près d’Austin, au Texas. Le jeu des acteurs tout comme l’image sont simples : pas d’effets visuels agressifs, des couleurs sales très réalistes (et pourtant pas aussi poisseuses que dans un Hostel). Le réalisme des situations et des images est mis en avant, et nous plonge tout entier dans les entrailles d’un drame sordide qui se révèle pourtant émouvant.

Je ne pourrais vous dévoiler la fin sans vous pourrir tout le film, je m’en garderai donc, mais le film se fait de plus en plus intense à mesure que s’écoulent les minutes, nous conduisant tout droit dans le mur. On le sait, on le voit comme au ralenti, mais on ne peut s’empêcher de rester là à regarder ces pauvres créatures se débattre.

La violence extrême du dernier chapitre semble à sa place, d’autant plus que le réalisateur nous épargne les effluves de sang et autres visions d’horreur. On sait ce qu’il se passe sans pour autant le voir.

Et une mention toute spéciale à Noah Taylor (vu dans Charlie et la Chocolaterie, Tomb Raider, Vanilla Sky, la Proposition, et prochainement Submarine) , qui interprète à merveille ce Nathan mystérieux et inquiétant, qui révèle sa part sombre de manière éclatante.

C’est aussi ça, l’Amérique…

Réalisateur: Simon Rumley
Acteurs:
Noah Taylor, Amanda Fuller, Marc Senter, Nick Ashy Holden

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Auteur:la Fille du rock

Blogobitch assumée qui a basculé du côté obscure de la culture : du Metal, des films de genre, des jeux vidéo burnés... Je rêve d'un câlin avec Greg Puciato, je hais les clowns depuis Killer Klowns from Outter Space, je pulvérise du locuste sur Gears of War 3, je suis une maman rock'n roll. Et c'est déjà pas mal.

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