Rotten Sound, Trap Them et Gaza dévastent le Glazart

Ce lundi soir était attendu depuis plusieurs semaines par une bonne dizaine de personnes dans mon entourage. Camarade de sorties concert et sur twitter et compagnons de groupe, tous attendaient cette affiche avec impatience. Qu’un groupe de qualité pointe son nez, et on se jette à la porte pour voir ce qu’il en retourne, mais quand trois groupes de grande qualité rendent visite alors on met les petit pieds dans les chaussures et on court accueillir tout ce beau monde.

Avant de pouvoir embrassez le trio de tête, il fallait toutefois d’abord faire face à deux groupes d’ouverture qui, dans l’absolut, aurait pu être sympathique. Je n’avais pas pris la peine, par oubli, d’écouter mais d’autre l’avait fini et m’avait donné un petit résumé de la situation : Premier groupe sympa, deuxième groupe standard. Ok. On rentre dans la salle et le premier groupe, prénommé Haust, joue déjà. Au premier abord, le son parait un peu confus mais finalement c’est une sorte de mélange punk et black metal que nous sert un quatuor de jeunes hommes avec visiblement une expérience assez légère de la scène. Guitariste et bassiste s’agitent et jouent tête baissés, le chanteur par contre lève le poing et pointe son regard vers le public en faisant des signes allant de paire avec son texte. Sa voix criarde, tendant vers le raclement black metal typique en plus énergique, convient assez bien à la musique, sans laisser filtrer aucune émotion en particulier.

Ah oui, on a bien compris qu’il n’était pas content (il a même fait un doigt d’honneur à un membre du public pour une raison… inconnu) vu comme son visage est rouge et qu’il s’agite un tantinet. Le problème vient peut-être que je n’ai eu qu’une envie en le voyant : le comparer physiquement au chanteur de Candlemass dans ce fameux clip mythique pour la chanson Bewitched. En comparant mon impression avec mes camarades, j’appris que tous avaient eu le même réflexe mais que les résultats différaient. On parlait de Jonah Hill dans Superbad ou du gamin dans les Goonies. Pas besoin de vous faire un dessin? Le type était un peu rondouillard, joufflus, et ridicule. La musique n’aidant pas, c’est tout ce que j’aurais a dire sur ce groupe. Peut-être que le disque vaut le coup, mais rien dans la présentation live ne m’a donné envie de m’y intéresser.

La présentation du second groupe sera par contre beaucoup plus courte. Oui, car The Kandidate est un groupe de metalcore. Le genre est balisé, le groupe en interprète à peu près tout les clichés avec un look de coreux du dimanche et rien ne m’intéresse non plus chez eux. Déjà vu, déjà entendu, retour au fond de la salle pour discuter.

Je dois passer pour un sale connard a décrire des groupes en m’en moquant ou en résumant leur musique à des clichés, mais le problème est qu’en comparaison, Hauss et the Kandidate manque de tout ce que je suis venu chercher ce soir et que je vais m’appliquer à décrire le plus clairement possible.

Gaza avait déjà impressionné le public de Converge l’année dernière de façon a se tailler une réputation qui en a attiré plus d’un, tous attroupé devant la scène en laissant un peu d’espace pour permettre au chanteur de déplacer ses deux mètre de haut devant son public pour lui hurler d’encore plus près dans les oreilles. Plus assuré que leur de lors début devant le public français, Gaza ne doute plus que des gens soient venus pour eux mais n’a pas non plus pris la grosse tête. Le public et l’ingénieur du son sont maintenant de leur côté. Les silences d’entre les morceaux, caractérisant le mélange d’inexpérience et de malaise de leur première venu, sont remplacé par de petit speech du chanteur sur le contenu des paroles (leur rejet de toute croyance religieuse au regard de la science, leur admiration pour le courage des femmes dans le monde et autour d’eux). L’assaut sonore prend tout son ampleur grâce a l’ampleur laissé à chaque instrument de façon a apprécié toute l’originalité et le talent des musiciens dont la musique dégage autant d’émotion que d’inventivité. Une bonne dizaine de référence pourrait être mis à la suite pour peindre un portrait de ce groupe. Ile est toutefois plus simple et plus court de les définir par les émotions et le propos qui se dégage de leur musique : Le dégout de l’obscurantisme, le replis sur soi pour mieux se construire, la colère face aux batailles perdus et la rage d’un combat constant pour soi et être soi.

Passer à la suite de tant de superlatif devrait être impossible, mais impossible n’est pas Trap Them. Non content d’être une affiche réjouissante, le trio de tête d’affiche de ce soir avait aussi pour qualité d’être finalement très varié. L’assaut sonore proposé par Trap Them n’ayant donc pratiquement rien à voir avec celui de Gaza et de Rotten Sound, la comparaison avec leur set n’avait donc pas lieu d’être et permit à Trap Them de triompher à mes yeux comme l’un des trois grands vainqueurs de cette soirée qui ne connu donc pas de déception, en dehors de groupe d’ouverture que j’espérais plus intéressant. Placé en première ligne, juste devant le chanteur, je n’ai absolument pas un regard général sur ce concert. Tout ce que j’ai pu dégager du set fut un bonheur non contenu communiquer par la force de mes poumons et de mon cou qui ne cessait de remuer. Tout ce que je peux donc dire c’est que les morceaux rendait sur scène aussi bien que sur disque. L’énergie était à la hauteur de la réputation et la set list conforme à mes espérances en dehors de quelques titres de Seizures in barren praise que j’aurais aimé entendre. Pour autant, ont eu droit au premier et dernier titre de cet album, respectivement au début et à la fin de leur set. Entre, beaucoup de morceaux du dernier disque, dont The Fact et Every walk a quarantine pour ceux sur lesquels je peux mettre un nom. Les fans présent seront sortis satisfait et aussi enthousiaste que moi. Quelques avis négatifs quand au son de la batterie ont toutefois été proféré par des spectateurs placés un peu plus loin de la scène. Je ne peux confirmer, ni nier, ces dires. Tout ce que je sais c’est que j’ai pris mon pied et que j’y retournerais sans hésiter.

Enfin, Rotten Sound termina la soirée et réussit aussi a offrir un concert glorieux et unique en son genre. Le grindcore des finlandais tourne de plus en plus vers le death metal corrosif avec toujours la même puissance de feu grind que depuis leur début. C’était la quatrième fois que j’avais le plaisir d’assister à leur démonstration de maitrise et de professionnalisme et je n’ai jamais été déçu. Plus les albums passent et plus le groupe devient de plus en plus efficace, de plus en plus violent et de plus en plus mémorable, tout à la fois. Leur dernier album, Cursed, fera peut-être bien parti des disques de l’année, tout comme son prédécesseur, Cycles, qui avait fait parti des élus en son temps. Avec une sélection de titres choisit de leur discographie, allant de Murderwork à Cursed, leur set ne pouvait être fait que de titres monstrueux et aucun temps mort ne pu être noté. Contrairement à Trap Them je n’ai cependant pas passer mon temps a hocher la tête mais a rire devant la puissance de feu du groupe dont la précision sur chaque titre tient tellement du char d’assaut que l’on ne peut que rester ébahis devant tant de maitrise. Rotten Sound maitrise sans effort son entreprise de démolition acoustique et passe donc sans soucis le test de la tête d’affiche confronté à des groupes d’ouvertures ultra efficaces. Assurément l’un des concerts de l’année 2011 en terme de metal extrême !

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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