[Série] Sherlock, le meilleur divertissement policier actuellement (pas de spoiler)

La saison 2 vient de se conclure pour des millions d’anglais et des milliers de fan français et la dernière image aura surement fait hurlé tout ce petit monde. Pour autant, je ne vous spoilerais rien sur le contenu de cet épisode pour parler plus globalement de la série.

Si vous avez entendu parler de cette série sur votre timeline Twitter, ou si vos contacts facebook vous ont étouffés avec les teasers et les statuts écrit en caps lock à la fin de chaque épisode, vous vous demandez peut-être encore si toute cette enthousiasme n’est pas juste le produit d’une horde de fan girl obsédée par le travail des deux scénaristes Steven Moffat (actuel show runner de Dr Who, Jeckyl) et Mark Gatis (Dr Who)?

Adapté à notre époque, le monstre de déduction qu’est Sherlock Holmes préserve toute son identité et représente, par rapport au film d’aventure réalisé par Guy Ritchie, l’adaptation la plus satisfaisante des deux pour qui apprécie le détective privé pour ses déductions. Contrairement à Robert Downey Jr dont le Sherlock Holmes est un être agile de corps et d’esprits, Benedict Cumberbatch incarne toute la complexité d’un cerveau obsédé par les mystères les plus ardues. Possédé par la puissance de ses capacités intellectuelles, Holmes deuxième du nom est un asocial pathologique dont la rencontre involontaire avec le Dr Watson / Martin Freeman (aka Mr Basket Full of Kittens selon ses fans féminines) va lui donner une première attache avec le monde réel et jouer le rôle de tampon entre le cerveau ambulant qu’est Sherlock et le reste du monde avec leurs manières et leur secrets que son oeil aiguisé décode en l’espace d’un instant.

Pour rendre compte de ce talent, Guy Ritchie s’était amusé a ralentir l’image pour décomposer les différents mouvements qu’allait accomplir le détective en prévision des réactions de son adversaire. Un artifice visuel et un frein au bon déroulement de l’intrigue que Moffat et Gatis remplace par des gros plans minutieux des indices décelés par Holmes ou par l’inscription à l’écran de mot à côté de chaque élément pour représenter le diagramme des associations d’idées qui se crée au sein de cet esprit si aiguisé qu’il pourrait passer pour un autiste si le personnage qu’interprète par Benedict Cumberbatch n’était pas aussi caractériel, minutieux dénué de toutes connaissances de conventions sociales, absurdes à ses yeux, mais si essentiel, qui nous vite de froisser toutes les personnes que l’on croise, comme il le fait si bien.

Au contraire, le Watson de Freeman n’est pas seulement l’assistant, et l’interprète occasionnel de ses prouesses de l’esprit, mais le meilleur conseiller/ami d’un génie qui passe son temps à provoquer presque involontairement toutes les personnes qu’il juge inepte à comprendre son raisonnement de manière immédiate. Ce comportement en fait un personnage que l’on aime détester, irritant car il est si brillant qu’il nous ramène à nos maigres connaissances.

Le duo d’enquêteur projeté dans l’Angleterre du vingt et unième siècle ne sont pas les seuls à être armés de la technologie la plus anodine et performante de notre époque et les criminels des romans de Conan Doyle ont donc aussi bénéficiés des avantages de ce changement d’époque. Ainsi, en su et place de plume et de carnet pour conter les aventures de Holmes, Waton utilise un ordinateur et un blog, et les réseaux criminels se servent de code plus élaborés, d’explosifs, de minuteurs et de tout ce que la téléphonie offre pour dissimuler des secrets et transmettre de l’information.

Un jeu à cent à l’heure qui fait de chaque épisode une course de fond intellectuelle d’une heure et demi par épisode, trois par saisons seulement du fait de la complexité de la mise en scène et de l’élaboration d’une série aussi riche et intelligente, bien à l’image de son héros titre. Sherlock ne joue pas la carte du réalisme, du jeu d’équipe ou de l’enquête de quartier. Sherlock vit à son rythme dans son monde de génie du crime où règne l’intellect. Une série qui regarde du coin de l’oeil son public avec un brin de condescendance pour le pousser à être plus malin qu’elle. Le meilleur genre de série à mon gout.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 18 janvier 2012 à 15:11 #

    Très belle analyse de cette excellente série qui vient de finir sa saison 2… Ya plus qu’à attendre! arff! En tout cas, les acteurs principaux sont impeccables et Moriarty troublant de complexité/folie (bien plus que dans le dernier film de Ritchie)

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