Alors on le sait, il y a les bons et les mauvais chasseurs. Et si un bon chasseur doit savoir chasser sans son chien (qui est ici nommé Kaizer, imaginez !), alors nous avons bel et bien à faire à deux gros connards dans ce Shadow, sorti le 1er septembre en DVD. Un film qui ne m’a pas du tout convaincue, nous baladant d’un genre cinématographique à l’autre sans réelle surprise.
La première partie du film nous fait soupirer de désespoir, tant l’histoire parait convenue : un jeune homme (le Beau Gosse), venu se ressourcer en pleine nature pour se remettre sur pieds après un séjour musclé en Irak, prend la défense d’une fille (la Fille) qui se fait chahuter dans une auberge par deux chasseurs (les Méchants). S’ensuit alors une chasse à l’homme dans la forêt qui n’est pas sans rappeler Eden Lake et Délivrance, le talent en moins.
Un torture porn ?
Puis les chasseurs se font chasser à leur tour, non pas par un lapin mais par un être livide, sorte de spectre aux allures de Grande Faucheuse (le Vrai Grand Méchant).
Ce revirement de situation aurait pu paraître inattendu et intéressant si la gourdasse Fille n’avait pas tout cafté dès la scène d’intro : les Méchants et le Beau Gosse se retrouvent ligotés dans les tréfonds d’un bunker, qui regorge de reliques nazis (Zyklon B), et autres de butins morbides (dents en or, statues humaines etc…). HE MAIS HO quelle coïncidence, la Fille parlait justement d’une légende locale qui voudrait qu’il y ait un ancien camp nazi toujours en activité !
Bref, après une petite séance de torture ambiance « viande grillée à la plancha », et un découpage de paupières en bonne et due forme, nos héros et anti-héros parcourent les nombreuses galeries suintantes, ce qui ne présente aucun intérêt.
Un thriller psychologique ?
Si à ce stade vous êtes vexés qu’on vous ait pris pour des cons (on insiste très lourdement sur le côté nazi au cas où vous n’auriez pas compris tous seuls), l’épilogue du film finira de vous achever : tout ceci n’était finalement qu’un prétexte pour dénoncer les crimes de guerre… Grosse ellipse donc pour revenir au point de départ : la guerre en Irak. Bref, un sujet ambitieux qui aurait pu être traité plus finement qu’avec ce film un peu bourrin chargé de scènes vues et revues (ce n’est que leur agencement et leur finalité qui change).
Notez néanmoins que l’acteur Nuot Arquint incarne à merveille le Vrai Grand Méchant : avec son physique improbable, proche de l’hallucination démoniaque, son apparition seule nous glace le sang. Ses yeux perçants de fouine perverse, ses longs doigts aux serres acérés… il n’a pas besoin de parler pour communiquer instantanément angoisse et terreur… Jugez plutôt.


















