Test DVD : 8th Wonderland

Sorti le 18 octobre en DVD et Blu-ray grâce à Emylia, 8th Wonderland m’apparaît aujourd’hui comme étant particulièrement d’actualité… Je vous explique…

8th Wonderland, réalisé par les français Nicolas ALBERNY et Jean MACH, retrace le parcours d’une société virtuelle, constituée de millions de personnes à travers le monde entier, qui se pose en alternative au Système. Chaque semaine ils votent une motion afin de faire bouger les choses, ou tout du moins de marquer les esprits : lutte contre la peine de mort, reconnaissance de l’utilité du préservatif dans la lutte contre la propagation du Sida par le Vatican…

Si le fonctionnement de 8th Wonderland satisfait tous ses activistes et sympathisants dans ses premiers temps (avouez que la promesse est alléchante), les choses se compliquent lorsque des assassinats sont votés, que le projet est récupéré par un illustre inconnu, et que le FBI y met son nez…

Tout ça pour dire que cette idée de soulèvement populaire international et non affilié à quelque parti politique ou organisation que ce soit, me fait penser au mouvement des Indignés, né en Espagne le 15 mai dernier, qui rassemble des hippies anarchos personnes de tout profil aigries déçues par leurs politiques et revendiquant un changement majeur de la société… Si dans 8th Wonderland les activistes optent pour des actions coup de poing, nos indignés bien réels se contentent pour l’instant d’occuper des places et de manifester pacifiquement en se demandant ce qu’ils pourraient bien faire pour arranger ce grand merdier qu’est devenue notre planète, et constatant combien il est ardu de trouver de vraies solutions qui n’aient pas de contrepartie négative…

Ce que j’ai aimé

Comment cette société idéale / idéaliste / idéalisée finit par s’enliser dans ses propres mécanismes de fonctionnement : prendre une décision à 10 personnes est bien plus aisé qu’à 10 millions.

Certaines scènes choc : pour se faire remarquer des politiques, rien ne sert d’hurler sous leurs fenêtres. En revanche, attaquez-les personnellement, dans leur intimité, et l’effet sera garanti ! La scène du G8 m’a littéralement sciée…

La manière dont ce pays virtuel prospère sous le feu des projecteurs médiatiques avant d’en devenir la victime : tout d’abord questionnée puis encensée, 8th Wonderland sera finalement montrée du doigt, critiquée, détournée, puis oubliée…

Des clins d’oeil sympas qui positionnent le film comme une possible histoire vraie (ex : la fausse émission de Questions pour un Champion avec Julien Lepers himself – ouais on a connu mieux comme caméo mais bon)

Ce qui m’a déçue

Ce n’est pas une grande surprise, mais je vous déconseille catégoriquement la version française qui est tout à fait lamentable. Préférez largement la VO.

Un traitement du sujet qui laisse une impression de n’avoir abordé que la surface, malgré un potentiel a priori énorme. Dans les interviews, un des réalisateurs explique que l’idée de départ était d’en faire une série. Finalement cela aurait peut-être permis un développement et un questionnement plus profonds. Car au final je trouve que le film interpelle peu car tout va très/trop vite.

Une fin décevante car ultra rapide : et c’est tout ? C’est si facile que ça ? Comme un gros pschtt….

Les bonus du DVD

Première Canadienne (interviews) : toujours bien utile pour comprendre les intentions des réalisateurs, la genèse du projet etc…
Commando
Fausses bandes annonces
La dinde d’Obama

Si vous voulez devenir sympathisant ou membre actif de 8th Wonderland, c’est toujours possible ici ! http://www.8thwonderland.com/

Réalisé par Nicolas Alberny, Jean Mach
Avec Matthew Géczy, Alain Azerot, Robert William Bradford

Récompenses :

Bruxelles – Festival international du Film Fantastique – 2009
- Mention Spéciale du Jury

Washington – Festival International Politics on Film – 2009
- Prix du meilleur film international

Montréal – Festival International Fantasia – 2009
- Prix du meilleur scénario
- Prix du public du meilleur film international
- 2ème Prix du Public du film le plus innovant

Auteur:la Fille du rock

Blogobitch assumée qui a basculé du côté obscure de la culture : du Metal, des films de genre, des jeux vidéo burnés... Je rêve d'un câlin avec Greg Puciato, je hais les clowns depuis Killer Klowns from Outter Space, je pulvérise du locuste sur Gears of War 3, je suis une maman rock'n roll. Et c'est déjà pas mal.

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