The Cure – Les symphonies névrotiques de Thierry Desaules aux Editions Alphée (2010)

A l’instar de son précédent ouvrage sur Placebo, Thierry Desaules laisse de nouveau cours à sa passion pour l’histoire d’un groupe dans ce volume consacré à Robert Smith et plus globalement à The Cure. Passé l’introduction de rigueur où Desaules décrit les débuts de sa passion pour The Cure pour mieux introduire ensuite les débuts de Robert Smith, son adolescence et sa passion identique pour le punk rock et les débuts de sa carrière musicale.

Documenté de manière conséquente sur tout ce qui concerne la vie privée des membres de The Cure, tant que cela concerne aussi leur musique (le livre ne succombe jamais sous une masse d’anecdotes douteuses ou inutiles), « Les symphonies névrotiques » permet de mettre dans un contexte personnel l’évolution du groupe et les divers albums mythiques qu’on lui doit, tel que Pornography, Disintegration ou Wish. Journaliste de formation, l’auteur ne s’aventure pas dans la musicologie pour analyser la de The Cure mais décrit très bien les différentes atmosphères voulues par le groupe sur chaque album et les circonstances précises de leurs créations.

Pour se faire il fait appel à de nombreux extraits d’interviews piochés dans la presse de l’époque (et amplement détaillés dans la bibliographie à la fin du volume) et à des témoignages d’artistes fans de The Cure. Des plus connus (Rinocérose) au moins (Junkstar), ceux-ci apportent une vision plus ou moins intéressante de la vie de The Cure. C’est donc à la fois l’aspect le plus original du livre mais aussi son plus dispensable puisque les citations ne font références qu’aux gouts des musiciens et non à l’impact des disques sur leur manière de composer. Bref, il manque quelque chose de plus concret mettant en valeur à la fois la musique de The Cure et la leur.

Passionné, l’auteur ne laisse par-contre pas son amour pour le groupe dévorer les pages de l’ouvrage en révérence inutile (contrairement à sa biographie de Placebo) et introduit parfois son opinion sur des titres qu’il juge peu ou moins intéressant. Ces interventions sont par contre tout à fait approprié et apporte plus de personnalité à un ouvrage dont le contenu est, dans l’ensemble, rédigé de façon à décrire l’action avec distance. Toutes les errances de Robert Smith et de ce groupe qui est à la fois sa malédiction que la source de son éternelle jeunesse où il exprime ce malaise, cette mélancolie et ce romantisme qui auront bercés plusieurs générations de fans et de groupes. Un bien agréable manière de découvrir la vie et l’oeuvre de ce groupe dont le nom est aujourd’hui synonyme d’excellence pour des groupes et artistes de toute confession musicale.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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