Voici un film bien jouissif, avec un pitch de base des plus simples (et des plus tordus, il faut l’avouer) : c’est l’histoire d’un scientifique aux allures de savant fou qui, après avoir été le premier à séparer des vrais siamois, se dit que ce serait un beau challenge que de rassembler des êtres humains en leur faisant partager les même organes. L’idée est donc de « coudre » 3 personnes entre elles : le cul de l’un avec la bouche de l’autre, pour former une créature à 12 pattes.
Vous comprendrez donc que dans ces conditions, ce qu’avale la « tête » passe par chacun avant de resortir par la « queue ». C’est dégueulasse, on est bien d’accord.
Alors forcément une fois qu’on sait ça, on se demande comment ils vont arriver à nous construire tout un film autour de ce concept… He ben ils y arrivent très bien, les cons !
Après un début un petit peu lent où le Professor capture ses proies, on entre assez vite dans le vif du sujet avec des scènes absolument démentes et géniales : une fois les 3 cobayes trouvés et approuvés (ben oui, il faut que leurs tissus soient compatibles), il leur explique par le menu ce qu’il compte leur faire subir, avec un calme et une application absolument terrifiants, à grand renforts de diapositives, tel qu’il pourrait le faire devant ses pairs.
« Alors voyez-vous, je me suis exercé sur mes chiens… Vous allez participer à une expérience unique, vous devriez être reconnaissants… Je vais vous couper tels tendons pour que vous ne puissiez plus vous mettre debout… Je vais vous découper des lamelles de peau ici autour de la bouche, là autour des fesses, pour vous assembler… » Du grand art face à l’hystérie des cobayes.
Le film a la délicatesse de nous épargner l’opération pour nous offrir le résultat dans toute sa splendeur (le Professor en pleure de fierté et d’émotion). Et il tiendra la route jusqu’au bout, nous laissant dans un mélange de dégoût et de fascination pour ce mille-pattes humain desquelles des larmes de souffrance / honte / désespoir ne cessent de couler…
Alors oui c’est dégueulasse, oui on a le coeur au bord des lèvres durant 1h30, mais c’est un véritable petit bijou de perversité que nous offre le réalisateur Tom Six, littéralement porté par l’excellent Dieter Laser qui campe le rôle du Herr Doktor…



















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