Hororo
Fidèle au stéréotype qui m’accompagne, mon top cinéma ne comprends pratiquement que des films asiatiques. Ce n’est toutefois pas en me forçant que je conclu cette année avec une liste aussi typés mais simplement car je continue de trouver principalement mon bonheur vers ces contrés fournisseur d’un cinéma encore surprenant et dépaysant à mille lieux du nombrillisme français et de la machine a repasser les stéréotypes américains. Du talent, il y en a partout dans le monde, mais celui qui me touche se trouve surtout vers le Japon et la Corée. Reste quand même un européen, Nicolas Winding Refn, toujours au top même quand il ne produit pas des chefs d’oeuvres.
Drive de Nicolas Winding Refn
Les foules se seront précipités au cinéma pour voir ce film, à ma grande surprise mais aussi à ma grande satisfaction. Nicolas Winding Refn (Pusher, Bronson, Valhalla rising) a enfin son film révélation et son talent pourra donc s’exposer à un plus large public. Quand à Ryan Gosling, il a eu droit a un rôle qui en fera une icone de poster de chambre d’adolescent pour les dix prochaines années. Le film n’est pourtant pas le meilleur du réalisateur (cette palme revient toujours, pour moi, à Valhalla Rising) mais la maîtrise démontré par le réalisateur danois pour ce « simple divertissement » franchit le pas entre le film de genre et le film d’auteur et en fait une oeuvre bien plus universel et efficace.
J’ai rencontre le diable de Kim-Jee woon
Après A bittersweet life et Le Bon, la brute et le cinglé, Kim Jee-woon et Lee Byung-hun sont inséparables (sauf quand l’acteur va jouer les ninjas dans Gi J.O.E.). Mais c’est surtout le retour de Choi Min-sik (Old boy, Lady Vengeance) dans un rôle de tueurs et violeurs en séries qui plonge ce film dans une horreur dont le manque de réalisme n’handicape pas cette énième histoire de vengeance (une thématique tellement cher aux réalisateurs coréens qu’elle en devient un stéréotype, pourtant l’inverse de tout ce que ce film propose). Entre le bien et le mal il n’y a pas de juste milieu et les deux personnages vont l’apprendre chacun à leurs manière pour un final qui rappelle effectivement celui de Mother de Bong Joon-ho dans un traveling poignant qui finit de compresser le coeur brisé du spectateur.
Karate Robo Zaborgar de Noburo Iguchi
Le meilleur film de Noburo Iguchi (Machine Girl, Robo Geisha) où il montre sa capacité à réaliser une comédie touchante à partir de sa passion, que je partage, pour les sentaï et les combats de robots contre des personnages costumés ou déguisés en monstre. La révérence du réalisateur, comme le prouve le générique de fin où l’on constate le degré d’attention qui a été consacré à reproduire les costumes et les postures des personnages de la série d’origine, n’handicape pas la parodie mais en fait peut-être un film a réserver aux passionnés de ce genre de série. Néanmoins, Karate Robo Zaborgar m’aura autant ému que fait rire et figure donc dans cette liste comme le meilleur film de l’année pour la boite de production Sushi Typhoon (devant Helldriver de Yoshihiro Nishimura toutefois très satisfaisant).
Guilty of Romance de Sion Sono
J’ai enfin franchit l’anxiété que me provoquait le nom de ce réalisateur japonais, auteur du controversé Suicide Club, pour y trouver un auteur dont je dévore maintenant méthodiquement toute la production. Les thématiques sont toujours explorés dans leur intégralité pour en faire ressortir un commentaire passionnant et éclairé sur la société japonaise, voir même notre société civilisé. Ici, le réalisateur traite de la prostitution, de la place de la femme dans la société japonaise et de la sexualité dans une histoire entre drame et thriller aux histoires parallèles mélangés avec la maîtrise dont seul les grands cinéastes sont capables.
Detention de Joseph Kahn
Le film surprise de fin d’année, réalisé par un américain d’origine coréen au nom définitivement associé, pour son plus grand malheur, a une daube légère appelé Torque, la route s’enflamme. Malgré ce début nanardesque, le réalisateur a mis de l’argent de côté pour produire et réalisé son propre film issu de son esprit de gamin sous coke pour faire un mélange de slasher à la Scream, de SF à la the Faculty et de références geek et nerd très bien inséré comme le fait Community. Ce film n’a pas encore de distributeur, à ma connaissance, mais quand il sortira je vous encourage a vous jeter dessus.
Mentions honorables : The Artist de Michel Hazanavicius qui, sans Detention, aurait figuré dans ma liste, Kidnappés de Miguel Angel Vivas, Bedevilled de Jang Cheol-soo, The Murder de Na Hong-jin, The tree of life de Terrence Malick, Yellow brick road de Jesse Holland.
MS
Détentrice d’un abonnement illimité, je vais souvent au cinéma, en moyenne une fois par semaine. J’ai donc vu beaucoup de films cette année. Malheureusement, je n’ai pas fait la liste de tous les films vus, donc j’espère ne pas avoir oublié un chef d’oeuvre en route ! Beaucoup de très bons films en 2011, ça a été difficile d’en choisir seulement cinq.
1. Polisse - Maïwenn
En à peine trois long-métrages, Maïwenn a réussi à imposer son style, mi-docu, mi-fiction, avec un ton bien à elle qui en horripile certains. On adore ou on déteste. Après avoir parlé de son enfance puis des actrices, elle s’est cette fois lancée dans un milieu qui lui était inconnu, la brigade des mineurs. A mes yeux ce film est une réussite, notamment grâce, comme d’habitude chez la réalisatrice, à une belle brochette d’acteurs. Dans ce film choral, chaque personnage est suffisamment développé pour que même les personnages secondaires ne soient pas là pour faire de la figuration. J’ai aimé les scènes post-bureau où l’on voit toute la bande de collègues s’éclater en boîte après avoir côtoyé la journée les pédophiles et la précarité. Le seul petit bémol c’est le personnage interprété par Maïwenn et sa love-story avec le personnage de Joey Starr, qui à mon sens n’apporte pas grand-chose au film. On peut juste supposer qu’ils se sont faits plaisir puisqu’au moment du tournage ils formaient un couple.
2. Les Bien-Aimés – Christophe Honoré
J’aime beaucoup les comédies musicales, mais les précédentes livraisons de Christophe Honoré m’avaient laissée froide. Jusqu’à ce film, dont le titre est pour le coup, adéquate. Une comédie musicale qui raconte sur quarante ans la vie sentimentale de Madeleine puis de sa fille Véra, de Paris à Londres en passant par Prague et le Canada.Un film émouvant mais non départi d’humour, juste un poil longuet, porté par une Chiara Mastronianni lumineuse et une magnifique BO signée Alex Beaupain, comme d’habitude chez Honoré. On retrouve dans ce film des habitués des films de Honoré, la tête-à-claque Ludivine Sagnier et Louis Garrel pour qui je continue d’éprouver des sentiments très contradictoires : souvent il m’agace car il cabotine, mais en même temps il y a une attirance inexplicable. Enfin dans ce film il est plutôt sobre et juste.
3. Restless – Gus Van Sant
La rencontre d’ Annabel, en phase terminale d’un cancer et d’ Enoch, obsédé par la mort depuis que ses parents ont perdu la vie dans un accident de voiture. En apprenant qu’elle n’a plus longtemps à vivre, Enoch propose de l’accompagner pendant ce voyage jusqu’à la mort. C’est avant tout une magnifique histoire d’amour que nous offre Gus Van Sant. Malgré un sujet délicat qui, sur le papier, pouvait faire peur, le réalisateur a su dépasser les clichés et le pathos pour faire un film bouleversant qui m’a fait fondre en larme, je dois l’avouer.
4. Les Femmes du 6e étage – Philippe Le Guay
Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse bande de bonnes espagnoles vit au sixième étage de son immeuble. Contre toute-attente, il trouve parmi elles une seconde famille, plus chaleureuse et accueillante que sa famille biologique. Cette comédie en forme de choc des cultures est certes pleine de bons sentiments mais je l’ai adorée, car elle est touchante et drôle, et Fabrine Lucchini y est vraiment hilarant. Une très bonne surprise.
5. La Piel que habito – Pedro Almodovar
Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, qu’il expérimente sur Vera, qu’il garde enfermée chez lui. On sent dès les premières scènes qu’il y a un truc pas net entre le docteur et son cobaye. Lorsque le pot aux roses est dévoilé, on se dit « ah ouais quand même, mais c’est un grand malade cet Almodovar » (ou plutôt ce Thierry Jonquet, auteur du roman Mygale dont ce film est l’adaptation). Un très bon cru d’Almodovar, avec un Antonio Banderas complètement flippant en médecin dérangé.
Mais aussi : Melancholia – Lars von Trier, Le Skylab – Julie Delpy, Intouchables – Eric Toledano et Olivier Nakache
uGo
Je n’ai à mon grand regret pas vu tous les films que je souhaitais voir (trop de concerts me direz-vous), malgré tout, voici une petite sélection :
1. Le Discours d’un roi - Tom Hooper
Un jeu excellent, un humour très à propos, une histoire vraie (souvent ça aide), des décors et des plans réussis
2. Le Complexe du Castor - Jodie Foster
Un parallèle étonnant entre l’oeuvre de fiction et le réel. touchant et une prestation minutieusement travaillée de Mel Gibson
3. 93, la belle rebelle - Jean-Pierre Thorn
Un documentaire nostalgique et bien travaillé, emmenant le 93 aussi bien dans les terres du punk, du rock que du hip-hop et du rap. Un ton juste, des commentaires et témoignages vibrant et qui donnent envie de voir émerger encore d’autres talents
4. Tomboy - Céline Sciamma
Un regard sur l’enfance, une prestation juste et épurée.
5. Drive - Nicolas Winding Refn
Une bande son et un directeur de la photographie au poil pour un parcours détonnant. Plans et cadrages habiles, lumières de qualité. Prestation de Ryan Gosling a contre courant du film d’action intéressante. Bon, bémol sur le scénario…
6. Fortapàsc - Marco Risi
Le seul meurtre de journaliste par la mafia. un film juste, dur et beau.
Déception. Minuit à Paris - Woody Allen
Je n’en attendais pas grand chose, mais compte tenu du talent de Woody Allen, là, c’est très mièvre et peu évocateur de la beauté filmique de paris
Qu’en penser ?. Habemus Papam - Nanni Moretti
Encore un jeu d’acteurs très juste, des questionnements réadaptables à tous corps de métiers mais… une certaine perplexité malgré tout dans le message général que Moretti a voulu transmettre


















j’avoue avoir quasiment le meme top 5 que MS dans le désordre…. je pensais pas qu’on allait etre bcp à avoir le meme :o)
Bah on n’est pas beaucoup, juste deux :D
Ayé, j’ai vu Drive ! Effectivement il est maginifique, très bien construit, donne des frissons de nature diverse… Et Ryan est définitivement un excellent acteur. Thanks Hororo !