Tub Ring – Zoo hypothesis (Underground) 2004

Une fois le premier titre, »Tiny », passé, le camion de glace est lancé et rien ne pourra plus l’arrêter tant qu’il n’aura pas dévalé la pente des 16 chansons de l’album. Bien sûr, la pente est surmontée d’embuches et le camion tressaute, oscille de tout sens et récupère de-ci, de-la, de quoi faire une collection de morceaux bigarrés que Faith no More pourrait presque reconnaître comme les siens.

Tub Ring n’est pas pour autant une copie du mythique groupe qui mit Mike Patton sur le devant de la scène et inspira des dizaines de groupes incapables d’écrire un morceau cohérent et accrocheur, même si on les menaçait d’une arme. Tub Ring enjambe tous les problèmes avec une énergie quasi punk californienne (mais pas trop), vitaminé aux effets de claviers s’engouffrant dans tous les pores des riffs et des rythmes pour que la fête soit complète. Fête foraine, camion de glace, vous comprenez surement que l’on ne s’ennuie pas chez Tub Ring.


L’effervescence créée par ce déluge de virages et de grands huits n’est pas pour autant artificiel ou bourré de glucose. « Habitat » s’inspire de la secte de Jim Jones et de son suicide collectif. « Return to me » est un petit discours mesquin dirigé à l’encontre d’une ex petite amie que le narrateur sait incapable de se passer de lui. « I could never fall in love you » prend par contre totalement à revers l’habituel duo homme / femme des chansons romantiques avec une petite ritournelle sage sur l’impossibilité de ces deux personnes de s’aimer. Enfin, l’une de mes chansons préférées est le survitaminé « Alexander in charge » où un dénommé Alexander intervient pour sauver la situation et exalte son ego sur-dimensionné devant sa capacité à résoudre tous les problèmes.

« Zoo hypothesis » est une collection étonnement cohérente soutenue par la folie créatrice et ce déferlement d’idée et de refrains bourrés d’intelligence et de variété. Sans jamais être grotesque ou parodique, Tub Ring ne fait pas que reproduire des clichés et invente son propre vocabulaire explosé aux quatre coins de la galaxie rock and roll avec un sourire mystérieux que l’on sait chargé d’idées folles.

Tags:

Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

Répondre