Batman est de retour! Vous n’étiez pas au courant qu’il était parti? Pas grave, personne dans Gotham City n’avait remarqué son départ puisqu’il avait été remplacé au pied levé par le premier Robin, devenu ensuite Nightwing, avec sous le masque de Robin le fils de Batman Bruce Wayne et de la fille de Ra’s Al Ghul. Pas mal de rebondissement pour en revenir au bon vieux statut-quo, comme d’habitude dans le monde des super-héros, avec cette fois pourtant un changement de taille.
Si vous êtes comme moi et ne suivez pas uniquement des séries d’un seul éditeur, vous avez surement appris que Spiderman avait révélé son identité secrète au monde entier durant Civil War. Et bien Bruce Wayne a fait sensiblement la même chose en révélant qu’il était derrière le financement des activités de Batman. Un coup à la Iron Man / Tony Stark en gros, l’homme de fer étant censé être le garde du corps de Stark, forçant du coup les deux hommes a toujours être a proximité de l’un et de l’autre.
Mais bon, révéler son identité, c’est tellement 2008, alors qu’est ce qu’on peut faire de véritablement neuf en 2010 pour éveiller l’intérêt du lectorat et lancer de nouvelles séries avec le logo de la chauve souris? Financer une action mondiale avec des Batman sur chaque continent, voir même dans chaque pays, de sorte que Wayne n’ait plus jamais a regretter de ne plus avoir été là au bon moment.
Grant Morrison divise donc son attention sur deux titres, après avoir largement contribué à l’établissement de ce nouvel état des choses, et file la série Batman & Robin, toujours avec l’ex. Nightwing sous le masque de l’homme chauve-souris, à Paul Cornell (Doctor Who, Captain Britain and the MI13). Ce britannique de talent poursuit la voie tracé par Morrison sur les seize premiers numéros en jouant toujours avec tout les attribue de Batman. L’objectif de Morrison sur la série ayant été de revenir à un univers plus proche du Batman des débuts. Plus de folie, plus de Bat gadget, plus d’énergie. La connivence entre ces deux héros encore peu habitués à leur masque respectif s’établit de plus en plus avec la personnalité grandissante d’un Nightwing sous le masque de Batman qui peut maintenant s’affirmer comme son propre homme sans avoir besoin d’imiter son ainé puisque celui-ci est de retour en ville. Dans l’autre titre qu’habite ce Batman, Detective Comics, le commissaire Gordon s’étonne même de le voir encore devant lui après qu’il se soit retourné, contrairement à la mauvaise habitude de Batman Wayne de s’éclipser toujours sans dire en revoir à son vieux compagnon.
Cette série accueille aussi depuis le numéro 871 un nouveau duo. Après avoir été conduit par David Hine au scénario et illustré par Jeremy Haun au dessin, c’est maintenant Scott Snyder (American Vampire) au scénario et Jock (the Losers) au dessin sur la couverture, mais sans les masques et les costumes. Comme son nom l’indique bien, Detective Comics porte plutôt sur les enquêtes et demande plus d’intelligence et d’astuce plutôt que de la force brute ou des gadgets. A l’instar d’Hillary Clinton et de Barrack Obama à propos de l’affaire Wikileaks, Gordon et Batman doivent découvrir qui est responsable d’une fuite en provenance du commissariat et vend les armes du Chapelier Fou ou de Poison Ivy à un mystérieux commanditaire. Impressionnant sur The Losers, le talent de Jock continue de se révéler à mesure que les planches sortent de son bureau et son style au trait sombre épais convient merveilleusement au costume noir du justicier de Gotham.
Celui-ci, le vrai, ou plutôt l’original car l’autre a déjà pris suffisamment de galon pour ne pas être considérer comme un second couteau, va avoir fort à faire quand on imagine ce qui peut se tramer derrière le masque dont seul un rainure rouge pour les yeux laisse imaginer un semblant de visage humain. Ses vêtements lui donne une provenance arabe mais ce sont surtout ses deux oreilles de chauve-souris dépassant du cercle qui couvre sa tête que l’on retient. Avec la vision internationale que prend l’entreprise de justice de Batman, se pourrait-il que l’idéal qu’il a inspiré pourrait être détourner ou simplement utiliser contre lui? Le one shot où il apparait, Batman – The Return, nous donne aussi l’occasion de voir de nouvelles armures sur le dos du « duo dynamique » et se demander si il s’agit là d’habit de soirée ou si les nuit promettent d’être encore plus froide pour ceux qui les rencontreront. De quoi faire penser au Batman agé et dopé à la technologie de The Dark Knight Returns de Frank Miller quand un Bruce Wayne accusant enfin son âge endosse tout ce que la technologie peut lui donner de mieux pour tenter de vaincre Superman.
Difficile à dire ce qu’il va bien pouvoir advenir de ces idées à l’heure actuel. En revanche, celles développés dans Batman Inc. sont bien plus proche de celle de Batman & Robin pour leur innovation rétro dans un univers déjà amplement bien exploré mais toujours renouvelé. D’un côté Morrison introduit de quoi s’occuper pendant toute l’année avec une nouvelle menace mystérieuse, de l’autre il amplifie le champ d’action du justicier de Gotham pour partir au Japon à la rencontre d’un héros locale qui a fort à faire avec un criminel du nom de Lord Death, parce qu’à vouloir faire le mal, autant inspirer la terreur le plus possible. Ce premier numéro n’inspire toutefois pas que l’excitation d’un nouvelle rencontre mais aussi les yeux de toutes les amateurs et amatrices de formes puisque Yanick Paquette sait bien souligner les pectoraux et les courbes d’un autre duo dynamique, Batman & Catwoman. Celle-ci apparait sous des traits de crayon que ne renierait pas Adam Hughes, grand pape des formes féminines avantageuses. Quand à Morrison il ne joue pas à la surdose d’information par page, comme dans All Star Superman, et préfère un style d’histoire de super-héros classique contenant un lot satisfaisant de rebondissement. A noter un petit clin d’oeil à Urotsukidodji (le classique du film d’animation pornographique où des écolières subissent les attaques sexuelles de monstres tentaculaires) histoire de faire couleur locale et de donner un avant gout du prochain numéro qui contiendra une pieuvre géante. Une pieuvre géante ! dans une histoire de Batman ! Au Japon ! Vous voulez vraiment que je vous donne d’autres raisons de vous plonger dans cette lecture?
Enfin, pour finir, on notera la couverture de ce premier numéro de Batman Inc réalisé par JH Williams III, le même que l’on aura au dessin et au scénario de la très attendue série Batwoman. Concept d’abord décrié comme un effet d’annonce avec un personnage annoncé d’office comme étant lesbienne, l’héroïne a finalement pris vie comme un personnage avec une histoire complexe digne d’une figure dramatique vivant à Gotham City et parfaitement illustré par Williams III qui n’en finit pas de triturer ses pages à force de diagonale et de formes géométriques inédites pour en faire les vitrailles d’une nouvelle légende graphique. Après avoir suivit les directions de différents scénaristes (Alan Moore sur Promothea, Greg Rucka sur Detective Comics – Batwoman), je suis impatient de voir ce qu’il va se donner lui-même à dessiner.


















Un super article :D
Pour moi qui suis une noob en comics, c’était un réel plaisir de te lire et d’apprendre toutes ces choses sur le chevalier masqué ^^
Grâce à toi, je me coucherai un peu moins profane ce soir, merci ;)